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Bernard Arnault: derrière le masque du PDG

Lundi 10 Jan 2011 à 11:32
Bernard Arnault: derrière le masque du PDG

23 milliards de dollars concentrés entre les mains d’une seule personne. Une somme capable de faire perdre le sens des réalités, de s’imaginer au dessus de tout individu. Pourtant, Bernard Arnault est loin de s’enfoncer dans le cliché de l’homme d’affaires déshumanisé.

Tout commence dans le Nord

Originaire de Roubaix, Bernard Arnault intègre rapidement l’école Polytechnique. En 1971, il décide de rejoindre l’entreprise familiale, Ferret-Savinel. Il convaincra son père de reconvertir cette société dans la promotion immobilière, sous le nom de Férinel et en prendra la tête en 1978, à 28 ans.
Peu après l’élection de Mitterrand en mai 1981, il s’installe aux Etats-Unis et donne naissance à Ferinel Incorporation.
A son retour en France en 1984, il rachètera la société Financière Agache, qui lui permettra de se placer à la tête du groupe Boussac, devenant le propriétaire de Dior et du Bon Marché. S’ensuivra une restructuration, aidée par une transaction de 2 milliards de francs avec l’Etat français, contre la promesse de ne pas licencier les 16 000 employés du groupe.
En octobre 1989, Bernard Arnault est appelé en renfort par les actionnaires du groupe LVMH, menacé d’une offre publique d’achat (OPA) principalement menée par la banque Lazare. Il devient alors actionnaire majoritaire et évince progressivement Alain Chevalier, alors PDG, et finit par prendre sa place à la tête d’une entreprise réunissant de prestigieuses marques de luxe comme Louis Vuitton, Moët Hennessy ou encore Givenchy. Le tournant d’une carrière.

Un homme d’affaires glacial…

Certes, il n’est pas le genre à adresser un sourire au premier venu ou s’asseoir dans une brasserie aux côtés de ses amis. Chaque matin, il se rend dans ses locaux rue Montaigne, où il se plaît à s’enfermer. Rares sont les moments de complicité partagés entre le PDG de LVMH et ses collaborateurs. Délaissant les personnes qui lui ont tourné le dos ou ayant obstrué son passage, l’homme s’est bâti une réputation d’homme polaire. Marc Ladreit de Lacharrière, fondateur de Fimalac en a fait les frais, lors de la lutte pour la prise de contrôle du journal les Echos. Autrefois en bons termes, c’est à peine s’ils se serrent la main quand ils se croisent. Pourtant, d’après certains de ses associés, il suffit de « savoir repérer un sourire, un éclair dans le regard ». Des signes d’affection minimalistes pour un personnage de grande envergure.

…mais un être humain passionné.

Que peut donc bien apprécier un homme qui pourrait obtenir ce qu’il veut en claquant des doigts ? La réponse est simple selon ses proches : apprécier les plaisirs de la vie. Lorsqu’il troque son costume pour ses habits du dimanche, c’est un tout autre individu qui se découvre. La septième fortune mondiale est extrêmement attachée à sa famille. Chaque année à la Toussaint, au lieu des traditionnelles destinations prises d’assaut par la jet-set mondiale, direction le Nord, à Roubaix, son village natal. Ici, il a acheté l’ancienne maison de ses grands parents. En briques rouges, sans cachet particulier, cet endroit est extrêmement cher à son cœur, même s’il ne l’habite pas. C’est là qu’il allait se réfugier, petit, pour aller chercher de l’affection auprès de ses grands parents, apparemment plus accueillants que ses parents, d’après ses propres mots.

Chef de famille de 5 enfants, marié deux fois, Bernard Arnault ne manque jamais une occasion de faire plaisir à ses enfants, qu’il emmène parfois chez Albert Frère, son meilleur ami. Leur demeure, le manoir de Gerpinnes à Charleroi en Belgique, permet au patron de s’extirper du monde des affaires et de se livrer à ses passions : « On rigole comme des fous, il fait le pitre avec les enfants » confie Albert Frère. Parfois, le soir, il va même jusqu’à divertir ses hôtes, en leur interprétant quelques airs de piano. Mélomane à ses heures, il a même installé un piano dans son lieu de travail, son compagnon préféré lorsqu’il s’autorise des pauses.

Malgré un air glacial, il ne manque pas d’humour lorsqu’il décrit les photographies, qu’il a installé au milieu de la galerie d’art de sa demeure, comme l’œuvre du célèbre chasseur d’images Andreas Gursky, puis finit par avouer qu’elles sont de sa réalisation.

Un plaisir qu’il retrouve aussi sur l’eau. Une de ses dernières acquisitions : un yacht de 69 mètres acheté pour 3 millions d’euros. Un train de vie propre à sa condition, sans être toutefois irréaliste. Savoir économiser son argent est une maxime qui l’aura guidée tout au long de sa vie. Parmi son entourage, on s’amuse de la rénovation de son bateau de luxe à Taiwan, pour limiter les frais.

Son talent lui a permis une ascension rapide, qui l’a amené à côtoyer les grands de son monde comme Nicolas Sarkozy. Même si leur relation s’est légèrement essoufflée avec le temps, ils partageaient autrefois des repas au Fouquet‘s. Le chef de l’Etat a même été convié au mariage de sa fille.

Mais s’il s’autorise quelques écarts, Bernard Arnault est loin d’être considéré comme un people. Toujours loin des objectifs des paparazzis, il a su conjuguer vie privée et réussite personnelle en restant un personnage emblématique de l’économie mondiale.

Dernière cible en vue, la prestigieuse maison de luxe Hermès. Un combat qui s’avère titanesque puisque les célèbres créateurs de mode ont remporté la première manche pour contrer l’entrée de LVMH dans son capital. Un goût pour l’affrontement qui, malgré ses 61 ans, ne l’a jamais quitté.

Théo Garcin

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