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Marine Le Pen : "Je suis dangereuse"

Vendredi 24 Jun 2011 à 16:36
Marine Le Pen :

Première invitée de la nouvelle émission politique de David Pujadas sur France 2, Marine Le Pen s’est exprimée sur plusieurs sujets, dont l’économie et l’immigration. Se posant en victime, elle n’a jamais vraiment répondu aux questions de ses différents interlocuteurs.

Invitée jeudi soir de l’émission « Des paroles et des actes », le nouveau rendez-vous politique de France 2, la candidate frontiste a été interrogée dès les premières minutes sur les nombreuses condamnations de son père Jean-Marie Le Pen. En effet il a été condamné par la justice à plusieurs reprises pour ses provocations sur la Shoah et l'immigration. Défendant la réputation de son père, Marine Le Pen a concédé que « ces propos (pouvaient) parfois un peu défriser », mais que tout était question de « références » historiques… David Pujadas a ensuite demandé à Marine le Pen comment elle expliquait le fait qu’elle recueille moins d’intentions de votes qu’il y a trois mois. Selon un sondage CSA effectué les 20-21 juin pour BFM TV/RMC/20 Minutes, la présidente du FN recueillerait 16% d'intentions de vote. Un score en baisse de 3 à 4 points par rapport à mai, et qui l’éliminerait dès le premier tour. Encore une fois, Marine Le Pen, a préféré relativiser : « Nous nous stabilisons à un niveau extrêmement haut. Disons que c’est un palier, pour mieux reprendre de l’élan après ».

Le débat s’est poursuivi sur les thématiques économiques, notamment l’euro qui été la cible principale de Marine Le Pen. « L'euro est en voie d'extinction, personne n'ose le dire (...) Cette monnaie inique a été un échec terrible », a-t-elle martelé, proposant de sortir de la monnaie unique. A la question sur les solutions qu’elle apporterait face aux conséquences d’une telle sortie de l’euro, notamment une augmentation de 20% à 25% de tout ce qui est produit hors de France, la présidente a préféré esquiver la question et mettre en avant l’importance de la restauration des barrières douanières.

Si Marine Le Pen a régulièrement détourné les questions de ses interlocuteurs, on peut souligner son talent oratoire. En effet, la Conseillère régional du Nord pas de Calais, s’est présentée en véritable représentante de la lutte anti-système. Affirmant être « la seule à être capable de proposer une alternative au système », Marine Le Pen a fustigé les médias d’être à la botte de l’UMP et du PS. Concernant ses interlocuteurs elle a déclaré « Ils sont constamment dans l’invective, dans la calomnie, dans l’amalgame, dans le raccourci systématique, parce qu’ils sont dans un rôle qui est essentiel, le rôle de continuer à laisser les manettes soit à l’UMP soit au PS, parce qu’on est tellement bien entre nous ». Ce après quoi elle a terminé en disant « Alors oui, je suis dangereuse pour ce système ». En digne héritière des idées de son père sur l’immigration, Marine Le Pen a justifié le principe de « préférence nationale » par la baisse des salaires. « L’immigration a été utilisée pour peser à la baisse sur les salaires » a-t-elle affirmé, ce à quoi lui a répondu Lauren Joffrin, directeur du Nouvel Observateur, « ce n’est pas prouvé ». « Je pense que les allocations sont là pour aider les mères de famille françaises pour élever les enfants français », a-t-elle conclu.

L'émission s'est achevée par une vive passe d'armes entre Mme le Pen et ses interlocuteurs Caroline Fourest (journaliste) et Laurent Joffrin. Ces derniers ont mis en évidence un point du programme du FN de 2007, qui fait de l’immigration la cause d'une baisse de la qualité des recrutements dans l'armée : « 20 % des nouvelles recrues sont désormais issues de l'immigration originaire du monde musulman ». Un sujet que la présidente du Front Nationale a tenté d’éludé en s’emportant violemment contre le livre de la journaliste et en se déclarant être la cible de calomnies et de mensonges honteux. En fin de débat, sur des questions économiques, le ton est monté avec Laurent Joffrin. « Ne soyez pas insultant et méprisant, a lancé Marine Le Pen à son attention. Vous êtes tellement représentant de la caste. » Le directeur du Nouvel Observateur s'est emporté : « Je ne vous permets pas de dire ça ! Cette histoire de caste est du baratin. Vous, vous habitez dans un château et pas moi. Je ne suis pas d'une caste. Vous essayez de faire votre dynastie dans votre principauté du Front National. Et moi, je n'ai pas été nommé par mon père », ce à quoi Marine Le Pen est restée sans voix. En rendant l’antenne, David Pujadas a rappelé à la présidente du FN qu’elle n’avait toujours pas répondu à la question initiale…

Pierre Saussois

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Réactions à cet Article :

Zola - Dimanche 26 Juin 2011 à 09:42

La fonction de journaliste est en danger

Je suis scandalisée par la façon dont ces pseudo-journalistes font leur travail. La dimension émotionnelle politicienne l'a emporté. Ils n'ont pas fait leur travail, ils ont posé les questions qui répondaient à leur dimension personnelle, qui se situait exclusivement dans un registre revendicateur, revanchard, et ambigu. L'intérêt de l'émission a été perverti par un grand manque de professionnalisme dont le bénéfice certain se fait au crédit du FN. Pujadas devrait démissionner sans tarder, pour ne pas corrompre le reste de la profession, et donner aux jeunes un exemple aussi lamentable : quand on est journaliste, lors d'une émission politique, on a le droit de déverser sa hargne, sa haine et sa violence à la face de ses invités ! A bon entendeur salut !

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Liberta - Samedi 25 Juin 2011 à 11:03

Marine Le Pen candidate à la Présidence de la France

L'émission de France 2 chaîne Publique si je ne me trompe , financée par les contribuables (rappel) a exclue les téléspectateurs d'une intervention directe dans l'émission pour ne pas faire ombrage aux guignols de l'info ou mieux les bouffons du pouvoir de gauche comme de droite tant les français nont une opinion déplaisante pour ne pas dire plus sur les journalistes ou ceux qui se prétendent l'être !!! J'ai un profond respect pour le métier de journalisme et notamment ces journaliste d'investigation mais pas du tout pour ceux qui desservent la liberté et l'interêt général des citoyens et contribuables de ce pays. L'émission a été une parfaite démonstration du " SYSTEME" que dénonce depuis des années et des années le Front National. C'est bien une CASTE de "protégés" et de gens grassement payés alors que nos concitoyens n'ont jamais été aussi explotés sous la gauche que sous la droite socialo libérale mondialiste avec un laminage salarial au profit d'une smicardisation de la société et une nomenklatura toute puissante qui spécule, s'enfrique quand elle ne disparait pas derrière la frontière via les paradis fiscaux.Les "opposants" à Marine Le Pen ont montré une énième fois "leur vrai visage" empreint de hargne, d'hypocrisie,d'intolérance voir même de haine anti-démocratique.

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Christian nc - Samedi 25 Juin 2011 à 01:42

honte a ces soit disant journalistes

un tribunal, voici ce que c'etait point barre.

avec des procureurs les poches bien pleine comme il ce doit.

pauvre service public

je voterais aussi pour marine, je ne vote plus depuis 15 ans

Christian

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