Budget 2012: la chasse aux déficits menacée par la croissance faible | Bourse Reflex
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Budget 2012: la chasse aux déficits menacée par la croissance faible

Mercredi 28 Sep 2011 à 19:10

Le gouvernement a présenté mercredi un budget 2012 d'austérité marqué par une hausse des prélèvements qui, en pleine crise financière et à sept mois de la présidentielle, maintient le cap sur la réduction des déficits mais risque de se heurter à la panne de la croissance.

Comme prévu, le déficit public doit être ramené de 5,7% du produit intérieur brut (PIB) cette année à 4,5% l'an prochain, puis 3%, le plafond fixé par les traités européens, en 2013. Il devrait ensuite refluer à 2% en 2014 et tomber à 1% l'année suivante.

L'objectif "intangible" sera respecté "à l'euro près", a réaffirmé le président Nicolas Sarkozy au cours du Conseil des ministres. Un message destiné en premier lieu aux marchés financiers: "Nous sommes scrutés", a averti la ministre du Budget, Valérie Pécresse.

En 2012, le tour de vis ne suffira pas à contenir la dette publique, qui continuera de se creuser pour atteindre 87,4% du PIB, après 85,5% prévus cette année.

Conséquence directe: pour la première fois, la charge de la dette, autrement dit le montant des intérêts que l'Etat versera pour se financer, sera le premier poste budgétaire l'an prochain.

Selon les projections du gouvernement, elle s'élèvera à 48,77 milliards d'euros en 2012, sensiblement au-dessus des crédits de l'enseignement scolaire (45,52 milliards, hors pensions).

Tout l'édifice budgétaire repose sur une hypothèse de croissance de 1,75% en 2011 comme en 2012, jugée très optimiste par les économistes, alors que l'Insee a confirmé mercredi une croissance nulle au deuxième trimestre.

"Même si c'est difficile, ce n'est pas inatteignable", a affirmé le ministre de l'Economie et des Finances François Baroin. Pour autant, le gouvernement, conscient de la fragilité de la situation, a reconnu que seule une "dissipation des turbulences actuelles permettrait d'atteindre" l'objectif de croissance.

En termes de recettes, le taux de prélèvements obligatoires, que le président Nicolas Sarkozy avait promis de réduire de quatre points avant son élection, atteindra 44,5% du PIB en 2012, dépassant le niveau du début du quinquennat.

Chasse aux niches fiscales, création de nouvelles taxes: le projet de loi de finances reprend la vingtaine de mesures supplémentaires annoncées en août par le Premier ministre François Fillon. Il en ajoute une nouvelle avec une taxe exceptionnelle sur le chiffre d'affaires des gros industriels soumis aux quotas de CO2, censée rapporter environ 200 millions d'euros à l'Etat.

Le débat budgétaire promet d'être animé à l'Assemblée nationale, mais surtout au Sénat, où la gauche, désormais majoritaire, entend défendre son propre projet économique pour 2012.

Au chapitre des symboles, une contribution exceptionnelle prévoit de taxer à 3% les très hauts revenus, à partir de 500.000 euros pour une personne seule et d'un million pour un couple. "Certains parlementaires souhaitent un seuil d'entrée plus bas, le gouvernement y est favorable", a confirmé Mme Pécresse.

Au palmarès des ministères les mieux lotis, la mission Immigration verra ses crédits augmenter de 14,1%. La Justice, dont l'enveloppe progresse de 3,56%, "est le seul ministère à bénéficier de créations nettes d'emplois", a souligné Mme Pécresse. La Défense voit ses crédits augmenter de 1,59%.

Hors pensions et charge de la dette, les dépenses de l'Etat devraient être contenues à 276,1 milliards d'euros, quasi stables par rapport à 2011.

Avec l'effort supplémentaire d'un milliard d'euros annoncé le 24 août, les "dépenses vont même baisser", a assuré Mme Pécresse. Le gouvernement Fillon, a-t-elle affirmé, sera ainsi le premier à "mettre fin à l'augmentation continue des dépenses de l'Etat depuis 1945", un "changement historique".

Où trouver ce milliard d'économies supplémentaires? La ministre du Budget a renvoyé la décision au débat parlementaire, qui s'ouvrira mi-octobre, évoquant "un balayage de l'ensemble des missions de l'Etat et des économies ciblées sur chacun des ministères".

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