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Sarkozy tranche le débat dans sa majorité sur le "bouclier fiscal"

Mardi 17 Mar 2009 à 20:06

Nicolas Sarkozy a tranché mardi le débat qui agite sa majorité sur l'opportunité de suspendre son "bouclier fiscal" très controversé ou d'imposer d'avantage les plus hauts revenus, en disant qu'il n'avait "pas été élu pour augmenter les impôts".

Dans le Doubs, le chef de l'Etat a renvoyé dans les cordes élus et personnalités de son camp qui recommandent à haute voix des mesures exceptionnelles visant les plus fortunés au nom de la "justice sociale" en temps de crise.

"Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts, moi (...) moi, j'ai été élu pour réconcilier la France avec l'entreprise et avec l'usine", a-t-il lancé en visitant l'usine Alstom d'Ornans.

"S'il y en a que ça démange d'augmenter les impôts, ils oublient qu'on est dans une compétition. Mon but, c'est de faire venir en France, faire investir en France des gens qui ont de l'argent dans nos usines et dans nos entreprises, ce n'est pas de les faire partir", a-t-il poursuivi.

Violemment critiqué par la gauche et le MoDem de François Bayrou, ce bouclier, qui limite le montant de l'impôt à 50% des revenus, agite la majorité depuis plusieurs jours, alors que le collectif budgétaire dans lequel un tel aménagement pourrait se glisser sera étudié à partir de mercredi à l'Assemblée.

Pour la première fois depuis son adoption en 2007, cette mesure emblématique de la politique de Nicolas Sarkozy a été remise en cause par un député UMP, René Couanau, qui a annoncé son intention d'en demander la suspension. Jamais en retard d'un coup de griffe contre le président, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin l'a rejoint, au nom de "la justice sociale".

Dans la foulée, le président UMP de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée Pierre Méhaignerie a évoqué une taxation exceptionnelle, pour les mêmes motifs, des revenus supérieurs à 300.000 euros.

Devant les salariés d'Alstom, Nicolas Sarkozy a brocardé ces "amis politique". "Quand il y a des grosses vagues, ils ont l'impression d'avoir le mal de mer", s'est-t-il moqué.

"Ca commence toujours pareil, on dit +il faut augmenter les impôts sur les riches+ et puis ça finit toujours par tomber sur les classes moyennes", a-t-il insisté. "S'il suffisait d'augmenter les impôts pour qu'il y ait de la justice sociale, depuis des années qu'on augmente les impôts gauche et droite confondues, on devrait être le pays le plus juste au monde !".

Malgré la sortie du chef de l'Etat, le bouclier fiscal a encore monopolisé mardi les débats du groupe UMP réuni à l'Assemblée.

Après leur patron Jean-François Copé, plusieurs députés ont dénoncé les propositions de leurs collègues Couanau et Méhaignerie. "Ca fait fouillis", a regretté Patrick Ollier. Marc Laffineur a mis en garde contre tout "changement de stratégie fiscale".

Le rapporteur général du budget Gilles Carrez, même "très réticent" face à l'initiative Méhaignerie, a qualifié le bouclier fiscal de "machine à problèmes constants".

Le débat n'est pas clos, puisque malgré la sortie présidentielle, M. Méhaignerie a réaffirmé son intention de déposer un amendement au collectif budgétaire et a pris date pour la loi de finances à l'automne.

Quant au PS, il a déposé une proposition de loi à l'Assemblée et lance une pétition nationale pour exiger "l'abrogation du paquet fiscal", notamment le fameux bouclier.

Celui-ci a trouvé un défenseur en la personne de Gad Elmaleh: à Europe 1 le comique a jugé déjà "énorme" d'être taxé à 50%.

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