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George Soros [Soros Fund] nourrit de sombres perspectives pour le secteur financier

Lundi 15 Sep 2008 à 09:41
George Soros [Soros Fund] nourrit de sombres perspectives pour le secteur financier
« La récession aux Etats-Unis est inévitable », déclare-t-il d'entrée, arguant que la baisse du dollar, « très marquée depuis le printemps », a « temporairement limité les effets de la crise financière sur l'économie américaine en dopant les exportations ». En dépit des injections massives de liquidités de la part des banques centrales « la situation risque de se détériorer », prévient-il. Il observe « la méfiance » qui règne entre les établissements financiers, les doutes sur la solvabilité des uns et des autres étant « loin d'avoir disparu ». Un « excès de confiance » de la part des banques et des investisseurs Interrogé sur l'origine de la crise, le philanthrope la situe « au début de la décennie ». Il pointe la responsabilité d'Alan Greenspan, alors président de la Fed ; « Sa décision de réduire drastiquement les taux d'intérêt aux Etats-Unis a été directement à l'origine de la création de la bulle immobilière. » Plus globalement, George Soros déplore « l'excès de confiance dans les mécanismes du marché de la part des banques et des investisseurs ». Il pointe les acteurs du marché financier et leur analyse basée sur la théorie économique ». Or, l'économie et la finance « ne sont pas des sciences exactes », souligne-t-il. Pour un meilleur encadrement des marchés par les banques centrales Toujours aussi sinistre dans son analyse, il estime que le monde de la finance n'a pas retenu les leçons de la crise. Pis, « d'autres bulles se sont formées, dans l'énergie, les produits agricoles, les matières premières... Les marchés financiers sont exubérants par nature, et ils le resteront si on leur laisse trop de liberté. Ils ont besoin de règles », lance-t-il, précisant qu'il ne plaide pas non plus pour « une régulation excessive, semblable à celle qui a suivi la 2nde Guerre mondiale ». Il affirme que c'est aux banques centrales qu'incombe cette responsabilité. Invité enfin à livrer son diagnostic sur la situation en Europe, l'homme d'affaires américain juge que si le vieux continent n'a pas connu « autant d'excès » qu'aux Etats-Unis, il doit faire face à d'autres problèmes. « Je pense notamment à l'attitude de la Banque centrale européenne (BCE) et à l'influence des syndicats. En Allemagne, ceux-ci militent pour des augmentations de salaires très élevées, de l'ordre de 7 % ! Cela risque d'alimenter encore plus la hausse des prix. Or l'inflation est justement le seul sujet dont se préoccupe la BCE. Elle va donc maintenir ses taux d'intérêt élevés », prédit-il.
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