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Christine Lagarde: l'euro "n'est pas en danger", pas de distance avec Berlin

Jeudi 20 Mai 2010 à 09:40

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a estimé jeudi que l'euro n'était "absolument pas" en danger, et nié toute distance entre Paris et Berlin, après la décision allemande d'interdire des ventes à découvert sur certains produits financiers qui a fait chuté l'euro.

Elle a toutefois réaffirmé sur RTL que la France ne suivra pas l'Allemagne sur cette interdiction visant les ventes à découvert "à nu" de produits financiers sur les dettes souveraines des Etats.

Ces procédés complexes visent à vendre à termes des titres que l'on ne possède pas en pariant sur une hausse ou une baisse pour empocher la différence.

"Je ne crois absolument pas que l'euro soit en danger. L'euro est une devise solide, crédible qui a assuré la stabilité de la zone pendant plus de dix ans", a affirmé la ministre, alors que la devise est tombée à son plus bas depuis quatre ans avant de se situer environ à 1,23 dollar jeudi.

Quand il a été lancé, l'euro a été "coté par rapport au dollar à 1,16. Il est descendu en dessous de un dollar et il est allé jusqu'à 1,60. Il y a une marge de fluctuation mais ce qu'on regarde sur une longue période, c'est la crédibilité d'une monnaie et l'euro est une monnaie crédible", a-t-elle martelé.

La veille, la chancelière allemande Angela Merkel avait estimé que "l'euro (était) en danger". "Et si nous ne parons pas ce danger, les conséquences pour l'Europe sont incalculables et les conséquences au-delà de l'Europe sont incalculables (...) Si l'euro échoue, l'Europe échoue", avait-elle ajouté devant le Parlement allemand.

Interrogée sur une "possible distance" se creusant entre les deux pays après la décision allemande, Mme Lagarde a répondu: "Pas du tout! On est en train de construire les pièces qui manquaient à la maison euro et cette construction nécessite un consensus, des confrontations", a-t-elle déclaré. Laissant toutefois poindre un désaccord entre Paris et Berlin, Mme Lagarde a admis que la décision allemande était "dans ses modalités, discutable, car il n'y a pas eu de concertation préalable" avec les partenaires européens.

Christine Lagarde avait déjà regretté la veille que les "Etats concernés par la mesure" n'aient pas été consultés.

"Là où l'Allemagne ne suit pas la France, et là où la France ne suit pas l'Allemagne, c'est que sur les dettes souveraines, nous ne l'avons pas fait et ne le ferons pas (l'interdiction des ventes à découvert, ndlr), a-t-elle ajouté jeudi. "C'est une mesure qui doit être prise en concertation" au niveau européen, a jugé Mme Lagarde.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, avait de son côté soutenu la décision de l'Allemagne et invité les régulateurs boursiers des autres pays européens à étudier la possibilité d'une action concertée sur ce thème.

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