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Natixis change de patron, nouvelle étape de sa restructuration

Mercredi 29 Avr 2009 à 10:04

Natixis, la banque française la plus touchée par la crise financière, va changer de patron, une nouvelle étape dans la difficile restructuration de cette filiale de Banque Populaire et Caisse d'Epargne, plombée par les actifs toxiques.

Dominique Ferrero dirigeait Natixis depuis la création de cette banque d'affaires, née fin 2006 de la fusion entre Natexis et Ixis.

Quelques mois plus tard éclatait la crise financière, plongeant Natixis dans de graves difficultés, tandis que son cours de Bourse dégringolait, au grand dam des petits actionnaires dont certains ont porté plainte contre la banque "pour information trompeuse".

Le titre Natixis, qui valait 19,55 euros à sa première cotation, a clôturé mercredi à 1,765 euros, en recul de 0,84%.

M. Ferrero, qui n'avait pas les coudées franches du fait de la double tutelle de ses actionnaires à 71%, a tardé à prendre les bonnes décisions, si bien que Natixis a accusé une perte record de 2,8 milliards d'euros en 2008.

L'annonce du départ de cet ancien dirigeant du Crédit Lyonnais n'est pas vraiment une surprise. Son nom ne figurait même pas dans l'organigramme dévoilé mi-avril par François Pérol, le patron du futur groupe Caisse d'Epargne/Banque Populaire, dont la naissance est attendue en juin.

L'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée a choisi pour le remplacer Laurent Mignon, 45 ans, gérant de la banque Oddo. Il sera nommé jeudi par le conseil d'administration de Natixis, à l'issue d'une assemblée générale des actionnaires qui s'annonce houleuse.

Ce changement de direction vise à ouvrir "une nouvelle étape" dans "la restructuration" de Natixis, selon un communiqué. Devant les sénateurs, M. Pérol a expliqué qu'il s'agissait de recentrer Natixis sur son activité de financement des entreprises françaises.

Interrogé par l'AFP, M. Mignon, un ancien dirigeant des AGF, s'est dit "extrêmement conscient des enjeux" qui l'attendent, à commencer par la nécessité d'assainir le bilan de Natixis, encore plombé par quelque 31 milliards d'euros d'actifs toxiques. Ces actifs ont été cantonnés dans une structure interne en vue d'être cédés.

"Ferrero voulait faire de Natixis une mini-Société Générale, en développant les dérivés actions. Aujourd'hui, la stratégie est clairement de se recentrer sur les financements et Ferrero n'est plus l'homme de la situation", a commenté Alain Tchibozo, analyste chez ING.

Alors que les émoluments des dirigeants de banque ont récemment défrayé la chronique, M. Pérol a assuré mercredi que Laurent Mignon ne recevrait pas de "Golden Hello" (prime d'arrivée) et a rendu hommage à l'action de M. Ferrero, qui deviendra un de ses conseillers. "Il est trop facile de chercher des boucs émissaires", a-t-il dit.

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