Un duo veut contrer le rachat de la banque britannique HBOS par Lloyds TSB | Bourse Reflex
Accueil > Actualités > Sociétés

Un duo veut contrer le rachat de la banque britannique HBOS par Lloyds TSB

Lundi 10 Nov 2008 à 18:54

Un duo de vétérans du secteur bancaire s'est lancé dans une lutte pour défendre l'indépendance de la banque britannique HBOS, en pleine tentative de rachat par sa rivale Lloyds TSB, une opération qui suscite de nombreuses inquiétudes au Royaume-Uni, particulièrement en Ecosse.

Ce week-end, le conseil d'administration de la banque a décliné à l'unanimité une proposition de Sir Peter Burt et Sir George Mathewson, qui avaient offert de prendre eux-mêmes la tête du groupe et d'abandonner le projet de rachat par Lloyds TSB, défendu par l'actuelle direction.

Cette offensive à la hussarde peut sembler à première vue peu crédible, mais ses auteurs, deux sexagénaires, sont loin d'être des plaisantins.

Sir Burt n'est autre que l'ancien directeur général de la vénérable Bank of Scotland, un des symboles de la finance écossaise. Née en 1695, la banque imprime depuis ses débuts ses propres billets, qui ont toujours cours légal en Ecosse.

Après que la Bank of Scotland eut fusionné en 2001 avec la banque anglaise Halifax pour former le groupe HBOS, Peter Burt est devenu le vice-président du nouvel ensemble, qu'il n'a quitté qu'il y a cinq ans.

Sir Mathewson a une carrière non moins prestigieuse, puisqu'il a présidé la banque rivale Royal Bank of Scotland (RBS, sans lien avec Bank of Scotland) jusqu'en 2006.

"Nous pensons qu'une HBOS indépendante et recapitalisée, disposant d'un plan stratégique et d'une nouvelle équipe dirigeante, représenterait une alternative présentant un potentiel et une stabilité bien meilleures que le rachat par Lloyds TSB", ont-ils fait valoir, dans un courrier à la direction d'HBOS.

En retour, celle-ci a reproché à leur proposition de manquer de substance, et a souligné que le rachat par Lloyds TSB offrait "des bénéfices considérables".

De plus, le gouvernement britannique a donné sa bénédiction au rachat de HBOS, censé sauver cette dernière d'une éventuelle faillite dans le sillage de la crise financière, et s'est engagé à leur apporter en dot 17 milliards de livres de capitaux frais.

Sans compter que selon l'hebdomadaire Sunday Times a affirmé que Lloyds TSB aurait prêté 10 milliards de livres à HBOS, histoire de cimenter un peu plus leur projet de mariage.

Face au rejet de leur proposition, MM. Burt et Mathewson ont fait savoir qu'ils feraient campagne directement auprès des actionnaires de HBOS, qui devront se prononcer sur le projet de rachat lors d'une assemblée générale extraordinaire à la mi-décembre.

Une partie de la presse britannique a suggéré que les deux hommes agiraient en raison de motivations politiques. M. Mathewson est en effet un conseiller économique du Premier ministre écossais, l'indépendantiste Alex Salmond.

Ce dernier, qui avait été forcé d'admettre il y a quelques semaines que le rachat par HBOS était "la seule offre en jeu", s'est d'ailleurs empressé de saluer leur initiative.

Il faut dire que le rachat de HBOS suscite de fortes craintes en Ecosse, où la perte de l'indépendance de ce fleuron national, qui a son siège à Edimbourg, pourrait se traduire par des pertes d'emplois massives et une influence en recul, alors que le secteur financier était un des points forts de la région.

Par ailleurs, avant la proposition du tandem, un autre hommes d'affaires écossais, Jim Spowart, avait alimenté des espoirs d'une contre-offre, en indiquant avoir été approché par un groupe financier étranger intéressé par HBOS.

Lundi, le toujours bien informé Robert Peston, rédacteur en chef économique de la BBC, a affirmé que ce mystérieux groupe serait la puissante banque chinoise Bank of China.

Comme le rappelait lundi le Financial Times, ce dossier n'est pas sans rappeler la bataille pour l'indépendance de RBS, au début des années 1980. A l'époque, les milieux d'affaires et politiques écossais s'étaient battus contre deux offres de rachat concurrentes, émanant des banques britanniques Standard Chartered et HSBC, qui avaient finalement échoué pour des raisons de concurrence.

Partager sur Facebook
Article Précédent :
La valeur du jour à Wall Street -...
Article Suivant :
ALLEMAGNE: le plan d'aide aux banques...

Ecrire un commentaire

J'accepte la charte et que mon commentaire soit publié sur BourseReflex.com 

Les autres actualités





Mots-clés : Crise   Crise financiere   Hbos   Rivale   Ecosse   Burt   Mathewson   Bank   Scotland   Times  
Sociétés citées dans cette news : FINANCIAL   Royal Bank of Scotland  

Si vous passez un ordre de bourse sur le CAC40 le vendredi soir à 18h, quand sera t-il éxécuté?
Mon portefeuille virtuel

Initiez-vous à la gestion gratuitement et sans risque !

Ma liste de valeurs

Suivez l'évolution du cours de vos valeurs préférées !

Alerte email

Soyez immediatement informés


Retrait de Borloo
Jean-Louis Borloo a décidé de ne pas se porter candidat à l'élection présidentielle de 2012. Qu'en pensez-vous?