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La valeur du jour à Paris - DEXIA au plus bas

Mardi 04 Oct 2011 à 10:43

Dexia s'effondre de 23,08% aujourd'hui à 1 euro après une réunion hier de son conseil d'administration. Dans le courant de la matinée, la baisse a atteint plus de 37%, le titre atteignant alors un plus bas historique de 0,81 euro. Le groupe prévoit de nouvelles cessions et alliances visant à résoudre ses problèmes structurels. La banque franco-belge a évoqué l'ouverture de « nouvelles perspectives de développement ».

Selon de nombreux observateurs du secteur, l'établissement pourrait même faire l'objet d'un démantèlement. Le Financial Times et le quotidien belge De Standaard prédisent quant à eux la création d'une « bad bank ».

« La taille du portefeuille d'actifs non stratégiques pèse structurellement sur le groupe », a reconnu dans un communiqué Dexia, qui a précisé avoir mandaté l'administrateur délégué Pierre Mariani pour préparer les mesures nécessaires pour résoudre les problèmes structurels.

Selon Oddo, qui reste Neutre sur la valeur, ces problèmes concernent en premier lieu le portefeuille obligataire de 95,3 milliards d'euros de Dexia qui doit être refinancé sur les marchés. Aux cours actuels, les cessions nécessaires au rééquilibrage du financement généreraient probablement des pertes supérieures aux 1,8 milliard d'euros déjà provisionnés.

Les problèmes de la banque franco-belge ont trait d'autre part à la dette souveraine, ajoute Oddo : Dexia porte 3,4 milliards d'euros de dette grecque hors trading. Une dépréciation à 50% représenterait une charge supplémentaire de 0,7 milliard d'euros avant impôt à comparer à des fonds propres core tier 1 de 13,1 milliards d'euros.

AOF - EN SAVOIR PLUS

=/Les points forts de la valeur/=

- Dexia opère une restructuration profonde avec le recentrage des activités, la vente de la filiale américaine FSA déficitaire, la réorientation du refinancement, un arrêt du trading pour compte propre, et une réduction des coûts ;

- D'ici à 2014, la banque franco-belge entend refonder son modèle économique, jusqu'alors centré sur le financement des collectivités territoriales, sur trois nouveaux piliers : les revenus issus des franchises commerciales, le dynamisme du marché turc et le développement de la banque de détail ;

- Le groupe est désormais engagé dans des activités moins risquées ;

- Les prêts aux collectivités locales sont porteurs dans les pays émergents. La banque fait de la Turquie un moteur de croissance. En 2014, six clients de Dexia sur dix seront Turcs ;

- La banque est extrêmement attentive à sa liquidité. Le ratio de fonds propres est de 12% ;

- Depuis le 30 juin 2010, Dexia ne bénéficie plus, comme prévu, du mécanisme de garantie des Etats pour se refinancer ;

- Le système de rémunération des dirigeants a été complètement revu de façon à éviter les abus.

=/Les points faibles de la valeur/=

- La Commission Européenne a imposé de fortes contraintes à Dexia en contrepartie du plan de sauvetage ;

- Les revenus de Dexia devraient rester sous pression en 2011 du fait de ces contraintes de cessions avec notamment une réduction imposée de bilan de 35% d'ici à 2014 ;

- L'une des exigences est également de ne pas acquérir une autre banque avant fin 2011 ;

- Le coût de la restructuration reste difficile à prévoir. L'amélioration des résultats n'est attendue qu'à partir de 2012 ;

- En rééquilibrant ses activités en faveur de la banque de détail, Dexia s'oriente vers des activités à faibles marges et très concurrentielles ;

- La stratégie de croissance en Turquie n'est pas sans risque ;

- En dépit de la cession de sa filiale américaine FSA, Dexia va conserver une exposition à certains actifs ;

- La valeur est, à l'image de l'ensemble du secteur, très volatile.

=/Comment suivre la valeur/=

- La valeur ne fait plus partie du CAC 40 depuis le 20 septembre 2010 ;

- Le titre a perdu son statut de valeur refuge qui prévalait avant la crise du fait de son exposition aux collectivités locales. C'est désormais une valeur de restructuration assez spéculative et un titre « value » ;

- Suivre de près l'évolution des résultats, fragilisés par les exigences de la Commission Européenne ;

- La possibilité d'une alliance avec la Banque Postale dans la banque de réseau est régulièrement évoquée ;

- Le retour sur fonds propres (ROE), qui mesure la rentabilité des banques, est l'un des ratios clé du secteur ;

- En tant que valeur financière, le titre est influencé par une série d'éléments : (i) les taux d'intérêt dont l'évolution dépend des politiques monétaires (notamment des banques centrales européenne et américaine), (ii) l'état des Bourses mondiales qui influencera ses activités de banque de financement et d'investissement et de gestion d'actifs, (iii) les niveaux de consommation et d'épargne des ménages qui influeront sur les performances de la banque de détail ;

- Le coût du risque reste à surveiller ;

- Surveiller également la mise en place du dispositif « de Bâle III » qui oblige les banques à augmenter leurs fonds propres pour résister aux crises. Le Comité exige que les établissements financiers affichent d'ici au 1er janvier 2019 un ratio de solvabilité Tier 1 (le noyau dur des capitaux propres des institutions financières) d'au moins 4,5%, contre 2% jusque-là. Un matelas supplémentaire de 2,5% est également exigé. Ce qui porte le pourcentage total à 7%.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Finance - Banques

La réduction de la taille de leur bilan est à l'ordre du jour pour les banques françaises, qui souhaitent rassurer les marchés financiers. BNP Paribas a annoncé une réduction de 10% de la taille de son bilan d'ici à la fin 2012, et sa volonté de limiter sa dépendance aux refinancements en dollars. Cette décision implique la cession d'environ 70 milliards d'actifs d'ici à la fin de l'année prochaine. Quant à la Société Générale, elle désire intensifier les cessions dans son portefeuille d'actifs toxiques, déjà réduit de 8 MdEUR depuis début 2011. D'ici à fin 2012, la banque espère parvenir à une économie supplémentaire de 60 MdUSD de financement. Le modèle des banques françaises, historiquement basé sur le financement, évolue donc avec la crise financière. BNP Paribas et la Société Générale souhaitent toutes deux réduire certains types de crédits en dollars, comme les crédits export, trop coûteux en fonds propres et en liquidités, et qui s'inscrivent dans leur activité BFI (banque de financement et d'investissement).

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