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EDF et WINTERSHALL rejoignent le projet South Stream

Vendredi 16 Sep 2011 à 12:45

EDF et l'allemand Wintershall ont signé un pacte d'actionnaire leur accordant à chacun 15% des parts de la section offshore du projet South Stream destiné à livrer du gaz russe à l'Union européenne via la Mer noire. Ils rejoignent Eni (20%) au sein d'un consortium contrôlé par le russe Gazprom (50%).

« Deux nouveaux partenaires allemand et français se sont joints au projet South Stream. La participation au projet des principaux énergéticiens européens souligne la reconnaissance par les pays de l'Union Européenne de l'opportunité et de la nécessité du projet. Il ne fait aucun doute que South Stream ne se limitera pas à proposer une nouvelle voie pour l'approvisionnement s-r et ininterrompu de l'Europe en gaz russe mais permettra également de stimuler l'économie et le développement de l'Europe centrale et du sud » a dit le président du comité de direction de Gazprom, Alexey Miller

Afin de diversifier ses voies d'exportation de gaz naturel, Gazprom envisage de construire un gazoduc vers les pays d'Europe du Sud et d'Europe Centrale en passant sous la mer noire, le projet South Stream.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Les points forts de la valeur

- EDF est le leader du marché français de l'électricité et un des leaders européens de l'énergie avec de fortes positions, au Royaume-Uni et en Italie ;

- Le groupe présente un beau potentiel de développement car les besoins énergétiques futurs sont énormes : d'ici une dizaine d'années, 1 milliard de personnes devraient accéder à l'électricité dans le monde ;

- En mettant la main sur British Energy, EDF devient le principal acteur de la relance du nucléaire en Grande-Bretagne. Cela répond à sa volonté de devenir le premier acteur mondial dans ce domaine ;

- EDF est considéré, grâce à ses filiales Edison et EDF Energy, comme un véhicule pour jouer la convergence du marché européen de l'électricité ;

- EDF a mis fin à l'automne 2010 au conflit qui l'opposait à son partenaire américain Constellation Energy, alors que les marchés redoutaient une longue bataille procédurale. EDF va donc pouvoir poursuivre son développement aux Etats-Unis ;

- Même si depuis 2007 le marché français est ouvert à la concurrence, le leadership d'EDF n'est, pour le moment, pas menacé du fait de prix de revient très compétitifs grâce à ses réacteurs nucléaires ;

- La cession, surprise, de sa participation de 45,01% dans le quatrième groupe énergétique allemand, EnBW, au Land de Bade-Wurtemberg, a permis à EDF d'alléger son endettement de 7 milliards d'euros.

=/Les points faibles de la valeur/=

- L'intervention de l'Etat, qui détient près de 85% du capital, brouille la visibilité. La décision, début avril, des pouvoirs publics de limiter la hausse des tarifs de l'électricité à 2,9% d'ici au 30 juin 2012, alors que la direction du groupe et les analystes financiers avaient établi leurs prévisions de résultats sur des hausses annuelles de 4% à 5% par an pendant plusieurs années, en est une parfaite illustration ;

- Cette annonce a précipité début avril la valeur au seuil de ses plus bas historiques. La valeur est loin de son cours d'introduction de 32 euros en 2005 ;

- Le débat sur la s-reté nucléaire après le drame japonais de mars 2011 rend également la valeur volatile et très sujette aux déclarations politiques ;

- La croissance externe a provoqué une forte croissance de l'endettement net.

Comment suivre la valeur

- EDF appartient au secteur des « utilities » (producteurs d'eau, de gaz et d'électricité), qui regroupe des valeurs considérées comme défensives ;

- Les prix de l'électricité sont administrés en France et fixés par l'Etat. La hausse des tarifs est un des catalyseurs du titre. Elle permet notamment de financer les lourds investissements en cours en France ;

- Les autres catalyseurs du titres sont (i) le plan d'amélioration de l'efficacité opérationnelle, (ii) l'intégration des acquisitions récentes, et (iii) la remobilisation des équipes ;

- Le projet d'acquisition des 50% du capital non encore détenus dans EDF EN, sa filiale spécialisée dans les énergies renouvelables, est à suivre. Les analystes estiment qu'une telle opération renforcerait la stratégie du « mix génération » désormais mise en avant, au lieu du « mix géographique » précédemment ;

- L'un des grands chantiers pour EDF réside dans l'amélioration du taux de disponibilité des centrales nucléaires, tombé au plus bas en 2009 (78%). Or, toute progression d'un point de ce taux se traduit par un excédent brut d'exploitation additionnel d'environ 200 millions d'euros ;

- Depuis le drame japonais, les centrales nucléaires européennes vont être soumises à des « stress tests » visant à évaluer leur résistance en cas d'accident majeur, notamment dans le cas d'un tremblement de terre, d'inondations, de tsunami ou d'une attaque terroriste. Les résultats et les éventuelles mesures à prendre pour EDF seront à suivre (hausse des dépenses de maintenance, durée de vie des centrales, fermeture de certains sites...) ;

- L'évolution réglementaire en Europe est à surveiller. En France, la loi NOME vise à établir une libre concurrence entre tous les acteurs du marché ;

- Areva et EDF sont historiquement imbriqués. Areva est le premier fournisseur d'EDF et EDF son premier client. Mais leur relation n'est plus exclusive et les deux groupes sont en désaccord sur deux contrats. L'une des brouilles, dans le traitement du combustible usé, a été résolue. L'autre, l'enrichissement d'uranium, est encore en discussion.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Services aux collectivités

Le deuxième acteur mondial dans le domaine de l'électricité est né. Deux ans après la fusion entre Gaz de France et Suez, GDF Suez vient de reprendre le britannique International Power. Il est ainsi propulsé du neuvième au deuxième rang des producteurs mondiaux d'électricité, derrière EDF. Il devient également le leader mondial des groupes de services aux collectivités (utilities) en tenant compte de la production de gaz. Toutefois, cette opération va accroître la dette de GDF Suez, qui va passer de 33,5 à 42,4 milliards d'euros. Le groupe français compte donc lancer des cessions de 4 à 5 milliards d'euros.

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