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La Société Générale muscle son discours sans convaincre les marchés

Lundi 12 Sep 2011 à 19:20

La Société Générale a annoncé lundi un plan d'économies, avec suppressions d'emplois à la clef, et une accélération de ses cessions d'actifs indésirables, mais s'est faite laminer à la Bourse, où elle a chuté de près de 11%.

Déjà auteur d'un avertissement sur résultat début août, la banque française, qui a exclu une augmentation de capital, a de nouveau remanié son plan stratégique "Ambition 2015", et son PDG Frédéric Oudéa a multiplié les interventions pour tenter de rassurer les marchés, où la banque a perdu 60% de sa valeur depuis juillet.

Sans grande réussite, puisque son cours, comme celui des autres banques françaises, a dévissé lundi à cause de la panique qui règne sur les marchés à cause de la Grèce. La banque de la Défense a perdu 10,75% à 15,57 euros, alors que le CAC 40 a cédé 4,03%.

"La rupture que nous vivons en matière de financement en dollars, en matière de position de marché, nous amène à prendre un certain nombre de mesures complémentaires pour accélérer le programme de transformation que nous avons mis en place l'an dernier", a commenté le directeur général délégué de la banque, Jean-François Sammarcelli, sur la radio BFM.

Depuis le début de l'été, plusieurs grands pourvoyeurs de liquidités en dollars aux banques européennes ont réduit leur financement à ces établissements, en raison de la crise de la dette en zone euro.

Cette annonce a alimenté la fièvre des marchés, qui ont tiré à vue sur les banques européennes et françaises en particulier.

Pour tenter de les rassurer, la Société Générale a indiqué lundi avoir bouclé son programme de financement à long terme pour 2011, qui portait sur 26 milliards d'euros, à des taux "compétitifs".

Elle prévoit également que "la poursuite de la réduction de la taille du bilan contribuera à limiter les besoins de financement" en 2012.

Concernant la modification de son plan stratégique, la banque révèle qu'une "réduction significative d?effectifs (est) en cours dans certains pays" et annonce une "réduction de 5% de la base de coûts" en banque de financement et d'investissement, son activité tournée vers les grandes entreprises.

Elle n'a pas fourni d'autres détails sur ce plan. En particulier, elle n'a pas chiffré le nombre des emplois qui vont être supprimés dans le cadre de cette nouvelle stratégie.

En présentant ses résultats trimestriels début août, la banque avait assuré ne pas avoir de plan global de réduction d'effectifs.

Autre signe d'un durcissement de la ligne qu'elle a adoptée, "la forte accélération des cessions d'actifs gérés en extinction", soit le portefeuille de titres, américains pour l'essentiel, rendus indésirables suite à la crise financière et à l'explosion du marché "subprime" aux Etats-Unis.

L'institution précise que ce portefeuille a été réduit de 8 milliards d'euros depuis le début de l'année, dont 4,3 milliards (3,5 milliards liés à des cessions) depuis le début du troisième trimestre.

La banque prévoit toujours d'atteindre en 2013 un ratio de fonds propres "durs" (capital social et bénéfices mis en réserves) "bien supérieur à 9%" du total des crédits accordés, "sans augmentation de capital".

"La Société Générale va bien", elle est "extrêmement solide", a assuré M. Sammarcelli, alors que l'entreprise fait l'objet, depuis un mois, de rumeurs, souvent plus folles les unes que les autres, qu'elle a systématiquement démenties.

La dernière dimanche faisait état d'une dégradation imminente des trois grandes banques françaises cotées, dont Société Générale, par l'agence de notation Moody's.

"C'est un événement qui était largement (intégré) dans le marché", a réagi Frédéric Oudéa sans confirmer pour autant l'information. Il a souligné qu'un abaissement de deux crans "ferait revenir le rating (la note) de Moody's au même niveau que les autres agences", Fitch et Standard and Poor's.

Autre sujet d'inquiétude des marchés: l'exposition à la dette d'Etat des pays de la zone euro en difficulté. Société générale a assuré que ce n'était "clairement pas un sujet" pour elle.

Au 9 septembre, son exposition sur les 5 pays malmenés par les marchés (Grèce, Irlande, Espagne, Portugal et Italie) ne dépassait pas 4,3 milliards d'euros, ce qui représente un poids relatif moindre que pour ses grands concurrents.

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