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La France soutient sans condition la candidature de Draghi à la BCE

Mercredi 22 Jun 2011 à 17:50

Le porte-parole du gouvernement François Baroin a réaffirmé mercredi le soutien de la France à la candidature de l'Italien Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), démentant implicitement l'avoir suspendu au départ de Lorenzo Bini Smaghi du directoire de la BCE.

"Il n'y a pas de complément d'adjectif pour qualifier le soutien que la France apporte à Mario Draghi", a déclaré M. Baroin en réponse à un journaliste qui lui demandait si Paris avait posé comme condition à son soutien à M. Draghi le départ de M. Bini Smaghi, son compatriote.

"La France soutient Draghi pour la BCE", a insisté le ministre du Budget, qui rendait compte à la presse des travaux du Conseil des ministres.

Paris soutient la candidature de l'Italien Mario Draghi pour remplacer le Français Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE et attend en retour de l'Italie qu'elle obtienne le départ de M. Bini Smaghi de son directoire pour laisser un siège libre à un Français.

Cet accord avait été convenu entre Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi lors du sommet franco-italien de Rome du 26 avril.

"L'Italie a engagé sa parole. Je n'ai aucune raison de douter de la parole de l'Italie", avait déclaré M. Sarkozy le 17 juin, en marge d'une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin.

En réponse à la question d'un député, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Pierre Lellouche a confirmé mercredi devant l'Assemblée nationale que "à partir du moment où M. Draghi va être désigné comme patron de la BCE, la France pourra prétendre avoir un directeur au sein de la BCE".

M. Berlusconi a fait savoir qu'il avait demandé à M. Bini Smaghi "de démissionner spontanément", mais l'intéressé n'a jusque-là pas publiquement obtempéré à cette requête. Avant cette demande, il avait indiqué vouloir aller au bout de son mandat en 2013, soulignant que le statut de la BCE garantit son indépendance et protège ses membres "contre leur révocation arbitraire".

L'Elysée a à son tour minimisé la question mercredi en estimant qu'elle ne constituait pas une "difficulté". "La question n'est pas de savoir s'il va partir mais la question qui se pose à lui est de savoir où il va atterrir", a décrypté une source à la présidence, "lui est prêt à partir mais il veut savoir, c'est normal, à quel poste il va pouvoir atterrir".

Selon la même source, le sort de M. Bini Smaghi n'est pas de nature à retarder la nomination de M. Draghi à la place de M. Trichet, dont le mandat à la tête de la BCE arrive à échéance le 31 octobre prochain. "Il n'y a pas de vacance à la tête de la BCE", a-t-elle souligné.

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