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Espionnage: Renault va porter plainte, Besson parle de "guerre économique"

Jeudi 06 Jan 2011 à 20:30

Le constructeur automobile Renault va porter plainte dans l'affaire d'espionnage industriel qui le frappe au coeur de ses "actifs stratégiques", ses projets phare de voitures électriques.

Le gouvernement a assimilé l'événement jeudi à une "guerre économique".

"Sur un plan juridique, nous sommes en train d'étudier toutes les options qui conduiront inévitablement à un dépôt de plainte", a dit le directeur juridique du groupe, Christian Husson, dans une déclaration à l'AFP jeudi soir.

Renault a mis à pied lundi trois cadres dirigeants soupçonnés d'avoir diffusé à l'extérieur des informations sensibles. Le groupe a justifié cette mesure exceptionnelle par la nécessité "de protéger, sans attendre, les actifs stratégiques, intellectuels et technologiques de notre entreprise".

"Il s'agit de faits très graves concernant des personnes en position particulièrement stratégiques dans l'entreprise", a souligné M. Husson.

"L'expression +guerre économique+, parfois outrancière, là pour le coup est adaptée", a affirmé le ministre de l'Industrie, Eric Besson, en confirmant la gravité des faits.

"Oui, malheureusement, l'affaire paraît sérieuse", a-t-il dit, après des entretiens avec la direction du constructeur. "Il semble que cela concerne la voiture électrique mais je ne veux pas aller plus loin", a-t-il précisé, invoquant la présomption d'innocence.

Renault, encore détenu à 15% par l'Etat, et son allié japonais Nissan ont déjà investi 4 milliards d'euros dans le développement de la voiture électrique. Le tandem ambitionne de devenir leader mondial sur ce segment où il s'est engagé avant la plupart de ses concurrents. Il a encore plus d'une centaine de brevets en cours de finalisation.

Devant le tour pris par l'affaire, M. Besson a dit avoir réclamé mercredi "que l'Etat renforce les obligations pour les entreprises" bénéficiant d'argent public" et "que la sécurisation du secret industriel soit renforcée dans les conventions d'aide à l'innovation".

"Il est probable que nous aurons d'autres mesures à prendre, je vais y travailler dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté, affirmant vouloir "faire de ce dossier un chantier majeur".

Selon Renault, l'enquête interne lancée en août 2010 "a permis d'identifier un faisceau d'éléments convergents attestant que les agissements" des cadres suspendus "étaient contraires à l'éthique (...) et mettaient en risque consciemment et délibérément des actifs de l'entreprise".

Le constructeur a décidé leur mise à pied à l'issue de l'enquête de son comité de déontologie. Il a déclaré vouloir "respecter et préserver l'identité des trois cadres concernés", conformément aux dispositions du Code du Travail.

Dans un courriel interne que s'est procuré l'AFP, le numéro deux du groupe, Patrick Pelata, a appelé jeudi les salariés à la réserve en faisant valoir que les "rumeurs sont de nature à porter atteinte à l'image et à l'efficacité" de l'entreprise.

Renault va commercialiser au milieu de l'année deux modèles en version électrique, la berline familiale Fluence et l'utilitaire Kangoo Express. Il prévoit de lancer deux autres modèles d'ici mi-2012: le petit véhicule Twizy et la petite berline Zoe.

Selon des sources proches du dossier, un des cadres mis à pied fait partie du comité de direction de Renault, un autre travaille sur le programme des véhicules électriques.

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