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Libéralisation totale du courrier au 1er janvier, sans grand chamboulement

Mercredi 29 Déc 2010 à 10:53

Le secteur postal européen s'ouvre totalement à la concurrence le 1er janvier, une étape sans impact notable pour les usagers français car La Poste devrait garder son monopole sur le trafic courrier, mais elle va devoir se méfier de la concurrence grandissante sur le secteur colis.

Officiellement, cette ultime étape d'une longue série de libéralisations successives lancées par la Commission européenne depuis 1997 met fin au monopole de La Poste dans la distribution du courrier de moins de 50 grammes.

"Au matin du 1er janvier, il n'y a pas grand chose qui va changer: on ne va pas voir surgir d'énormes concurrents de La Poste", assure Jean-Paul Bailly, son PDG reconduit la semaine dernière pour cinq ans.

"En revanche j'ai la conviction que cette concurrence va monter en puissance, avec une série de petits concurrents innovants sur des niches qui correspondent parfaitement aux attentes des consommateurs, et qui seront peut-être moins chers", ajoute-t-il.

"Nous devons être très vigilants sur ce que vont faire nos concurrents, mais le vrai challenge est de démontrer à nos clients la valeur du courrier, qui est en concurrence avec d'autres médias et canaux de vente" tels les mails ou les campagnes téléphoniques, souligne à l'AFP Marc Pontet, directeur marketing et commercial courrier.

"Notre meilleure réponse à la libéralisation est de continuer à innover: nous avons beaucoup investi pour moderniser nos infrastructures et rénover notre offre", résume-t-il.

La Poste a également changé de statut en mars pour se préparer à la concurrence européenne, en devenant une société anonyme à capitaux publics.

Actuellement, une vingtaine de concurrents opèrent aux côtés de l'opérateur historique. La majorité d'entre eux sont regroupés au sein de la Fédération des acteurs postaux alternatifs (Fapa).

"Clairement, on n'a pas le réseau de vente de La Poste et sa présence, elle a un vrai avantage sur le marché par rapport à ses concurrents", résume Denis Cayet, pdg de la société IMX et un des responsables de la Fapa.

"Mais là où nous avons un vrai créneau, c'est sur le colis, notamment car le e-commerce se porte très bien et a connu une croissance de 20% en 2010", souligne-t-il.

"Nous faisons presque 10% du marché du colis livré à domicile et nous sommes le principal concurrent de La Poste" sur ce secteur, confirme Frédéric Pons, patron d'Adrexo, qui emploie 300 salariés et quelque 1.600 sous-traitants.

"Il y a une vraie ouverture. Nous sommes environ 10% moins chers que La Poste mais honnêtement, la première chose qui fait la différence, c'est la qualité de service", résume M. Pons, dont la société compte de "gros" clients comme la Fnac, Amazon ou CDiscount.

Reste encore à négocier une convention sectorielle qui couvrirait l'ensemble des salariés du secteur postal en France.

"Il aurait dû y avoir une synchronisation entre la libéralisation du secteur et la mise en place d'une telle convention, mais cela n'a pas été fait", déplore Nicolas Galepides, responsable Sud-PTT, deuxième syndicat à La Poste.

"On discute depuis deux ans mais il faut des signataires pour une convention, et seule La Poste et certains syndicats y sont prêts. Car pour les opérateurs alternatifs, une convention de branche serait automatiquement meilleure que le plancher du droit du travail", explique-t-il.

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