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La valeur du jour à Paris - NATIXIS lourdement sanctionné

Mercredi 10 Nov 2010 à 11:20

La publication des résultats trimestriels de Natixis est mal accueillie par les investisseurs : en fin de matinée, le titre chute de 7,59% à 4,139 euros, enregistrant la plus forte baisse de l'indice CAC 40. La banque d'affaires a publié un bénéfice net de 305 millions d'euros, en recul de 16% par rapport à la même période en 2009. La filiale de Banque populaire - Caisse d'épargne a fait moins bien que prévu, puisque les analystes anticipaient un chiffre de 340 millions d'euros.

Le produit net bancaire est ressorti à 1,427 milliard d'euros, en recul de 4%. Sur les neuf premiers mois de l'année, le bénéfice net ressort à 1,290 milliard d'euros contre une perte nette de 2,232 milliards l'an dernier sur la même période. Le produit net bancaire ressort quant à lui en hausse de 16% à 4,775 milliards d'euros.

Le ratio Core Tier One, qui mesure la solvabilité de la banque, atteint 10% contre 8,1% au 30 juin dernier. Le ratio Tier One s'est également apprécié, à 11,2% contre 9,2% le 20 juin. Le groupe affirme par ailleurs qu'il n'aura pas besoin de faire appel au marché pour se conformer aux directives de Bâle 3.

Le groupe bancaire souligne par ailleurs que le coût du risque a fortement diminué à 51 millions d'euros, soit un recul de 45% par rapport au deuxième trimestre.

KBW a relevé son objectif de cours sur Natixis de 3,2 à 3,7 euros mais conserve son opinion Sous-performance sur la valeur. Credit Suisse a pour sa part réduit son objectif de cours de 4,8 euros à 4,6 euros tout en réitérant son opinion Neutre.

Crédit Agricole, qui présente un profil similaire à Natixis, est également malmené en bourse en milieu de journée, avec une chute de 2,99% à 11,66 euros.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Les points forts de la valeur

- Natixis a réduit son profil de risque, depuis que sa maison-mère, la BPCE (née de la fusion des organes de tête des groupes Caisse d'Epargne et Banque Populaire) garantit ses actifs illiquides.

- La nouvelle direction met en oeuvre un plan de recentrage sur trois métiers stratégiques : la banque de financement et d'investissement (BFI), les services financiers spécialisés et l'épargne (assurance, banque privée et gestion d'actifs).

- La nouvelle direction a agi rapidement sur trois fronts : la réorganisation des organigrammes et la mise en place de lignes décisionnelles plus courtes et efficaces entre la filiale et sa maison-mère ; le recentrage de la BFI sur une expertise clientèle et des liens étroits avec l'tat, davantage que sur une expertise produit ; la décision de se séparer d'activités non stratégiques (une cotation de la Coface serait à l'étude).

- L'un des points majeurs plan New Deal, à l'HORIZON 2012 est le développement des synergies entre les métiers de Natixis et les réseaux de BPCE.

- Natixis a cédé début juillet une part significative de ses portefeuilles d'actifs illiquides non garantis par sa maison-mère. Une opération qui doit lui permettre de diminuer la volatilité de ses résultats.

- Le retour à la profitabilité en année pleine est attendu pour 2010. Le résultat net du troisième trimestre 2010 a été positif pour le quatrième trimestre d'affilée. A fin juin, plus de la moitié du produit net bancaire fixé pour cette année avait été réalisé.

- La réintégration au sein du CAC 40, le 20 septembre 2010, consacre les efforts de redressement de la nouvelle direction.

Les points faibles de la valeur

- La débâcle boursière du titre a jeté un froid auprès des investisseurs, notamment particuliers. La valeur est très volatile.

- Certains analystes redoutent que les réseaux au détail de la banque ne soient contraints par une croissance potentielle limitée. D'autres doutent de la capacité de la banque à fournir à moyen terme un retour sur fonds propres (ROE) supérieur au coût du capital.

- Le secteur bancaire européen est de nouveau sous pression avec la crise de la dette souveraine dans la zone euro. Les banques françaises sont les plus engagées en Grèce avec des créances qui atteignent au total plus de 50 milliards d'euros. Mais Natixis est de loin la moins exposée.

- Les inquiétudes sur le secteur sont persistantes. Même si les règles annoncées par le Comité « Bâle III » mi-septembre ont soulagé avec des ratios prudentiels dans le bas de la fourchette des attentes, les marchés s'interrogent sur la validité des stress tests (tests de résistance) menés en Europe. Certains estiment qu'ils minimisent le risque pris par certaines institutions.

Comment suivre la valeur

- Le retour sur fonds propres (ROE), qui mesure la rentabilité des banques, est l'un des ratios clé du secteur.

- En tant que valeur financière le titre est influencé par une série d'éléments : (i) les taux d'intérêt dont l'évolution dépend des politiques monétaires (notamment des banques centrales européenne et américaine), (ii) l'état des Bourses mondiales, qui influencera ses activités de banque de financement et d'investissement et de gestion d'actifs, (iii) les niveaux de consommation et d'épargne des ménages, qui influeront sur les performances de la banque de détail.

- Le coût du risque reste à surveiller.

- Surveiller également la mise en place du dispositif de « Bâle III», qui oblige les banques à augmenter leurs fonds propres pour résister aux crises. Le Comité exige que les établissements financiers affichent d'ici au 1er janvier 2019 un ratio de solvabilité Tier 1 (le noyau dur des capitaux propres des institutions financières) d'au moins 4,5%, contre 2% jusque-là. Un matelas supplémentaire de 2,5% est également exigé. Ce qui porte le pourcentage total à 7%.

- Un dividende sera versé aux actionnaires dès le retour à la profitabilité en année pleine. Une décision qui pourrait intervenir dès l'exercice 2010, de quoi satisfaire les actionnaires individuels.

- Les analystes n'excluent pas à terme un rapprochement plus ample entre Natixis et sa maison-mère, ce qui conduirait sans doute à proposer au minoritaire un échange de son titre Natixis contre une contre-valeur en titres (avec ou sans cash) du nouvel ensemble BPCE-Natixis.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Finance - Banques

Deux changements importants vont avoir un impact sur l'avenir des banques françaises. Premièrement, elles vont être soumises à une nouvelle taxe dès l'année prochaine. La taxe bancaire, qui s'appliquera à une vingtaine de banques, établissements de crédit et entreprises d'investissement, abondera le budget de l'Etat à hauteur de 504 millions d'euros l'an prochain. A cela s'ajoutera une augmentation de la participation des établissements financiers au fonds de garantie des dépôts, à hauteur de 90 millions d'euros supplémentaires en 2011, 2012, puis 2013, soit 270 millions en tout. En 2013, les autorités estiment que plus de 1 milliard d'euros de recettes supplémentaires sera prélevé auprès des banques. De plus, de nouvelles normes prudentielles vont voir le jour avec la finalisation de l'accord Bâle III, applicable à l'horizon 2019. L'objectif est de relever de 2% à 7%, d'ici 2019, le ratio de solvabilité bancaire. Ce ratio rapporte les fonds propres d'un établissement à ses engagements dans l'économie. Plus il est élevé plus les prises de risques sont limitées.

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