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Fonds actions internationales : les marchés émergents privilégiés

Lundi 06 Sep 2010 à 11:31

(AOF / Funds) - Les actions internationales constituent une classe d'actifs un peu différente des autres dans la mesure où les gérants peuvent jouer à la fois sur la sélection de valeurs, mais aussi sur l'allocation d'actifs entre les différentes zones géographiques, et sur les changes en couvrant ou pas leurs investissements. Ils multiplient ainsi les moteurs de performance, mais aussi les risques. Par conséquent, malgré un contexte peu porteur depuis le début de l'année sur les marchés actions, les performances selon Europerformance des 35 meilleurs fonds arrêtées mi-août sont comprises entre un peu plus de 23 % et 10 %, les quatre premiers fonds affichant une performance supérieure à 20 % depuis le début de l'année. Sur un an, les performances sont encore meilleures, ces dernières grimpent jusqu'à plus de 45 % pour le premier d'entre eux.

Actuellement, beaucoup de fonds investis sur ce thème misent sur les marchés émergents en privilégiant les entreprises de ces différentes zones géographiques ou celles qui réalisent une part importante de leur chiffre d'affaires dans ces pays. Parmi les pays plébiscités figurent les grands d'Asie avec en premier lieu la Chine, mais aussi l'Asie-Pacifique à travers l'Australie, ou les Amériques à travers un pays qui fait quasiment l'unanimité à savoir le Brésil, ou encore bien plus au nord le Canada qui tire une bonne partie de sa croissance du secteur des matières premières. En ce qui concerne les marchés développés, les avis sont en revanche moins tranchés. Les derniers chiffres publiés aux Etats-Unis ont en effet jeté un froid sur les marchés financiers et inquiétés les gérants. A contrario, les chiffres de la croissance en Europe semblent en comparaison plus favorables.

Pour beaucoup de gérants, l'Europe est redevenue de ce fait attractive. Ils relativisent ainsi la crise de la dette souveraine. Aberdeen Asset Management, filiale du Credit Suisse qui possède deux fonds actions internationales très bien classés, a fait le choix d'une surexposition de l'Europe par rapport aux Etats-Unis depuis de nombreux mois. «Nous avons depuis longtemps sous-pondéré les Etats-Unis au profit de l'Europe et de l'Asie hors Japon, indique Hugues de Montbel, gérant chez Aberdeen Asset Management. Nous estimons que les problèmes de bilan seront le focus des deux prochaines années et de ce point de vue le secteur privé, les banques centrales et les gouvernements d'Asie semblent bien plus solides que dans le reste du monde développé. Par ailleurs, les données récentes ont tempéré les craintes de surchauffe économique, la Chine semble bien en phase d'atterrissage en douceur, et les actions de la zone traitent avec une faible prime par rapport aux marchés globaux, alors que 20 % serait justifié. En Europe, l'endettement est également moindre qu'aux Etats-Unis et les craintes sur l'euro et le resserrement fiscal sont surfaites selon nous.

A contrario, les valeurs cycliques et bancaires aux Etats-Unis nous semblent particulièrement chères par rapport à leurs homologues. La valorisation du marché américain est ainsi excessive, alors que les risques y sont les plus élevés (notamment l'effet retard de la hausse du dollar, le resserrement fiscal plus fort qu'en Europe en 2011, et un taux d'épargne faible)». Un diagnostic sur les Etats-Unis que ne partage pas BNP Paribas Asset Management. «Nous avons une préférence nette pour les marchés émergents par rapport aux marchés développés, indique Vincent Treulet, responsable de la stratégie d'investissement chez BNPP AM. A l'intérieur des marchés occidentaux, nous penchons plutôt pour les Etats-Unis par rapport à l'Europe car les marchés américains ont une qualité plus défensive, ils sont plus profonds, plus diversifiés en termes de secteurs - à ce titre la proportion de financières dans les grands indices est moins élevée qu'en Europe. Par conséquent, ces marchés résistent mieux en période d'aversion pour le risque.

Par ailleurs, si le recul a été plus marqué au deuxième trimestre en Europe par rapport aux Etats-Unis, il se pourrait que cela soit l'inverse au troisième trimestre car les conjonctures sont légèrement décalées.» En termes de secteur s'il y a un thème que les gérants évitent, c'est bien en effet les financières. «Les bilans des banques sont opaques, avance Hugues de Montbel, elles tirent en effet une part non négligeable de leurs profits des activités de trading et il apparaît très difficile d'évaluer la taille de leurs engagements dans cette activité.» Les valeurs bancaires semblent donc très peu attractives hormis dans certaines zones géographiques. Pour Franklin Templeton, par exemple, les principales positions dans les banques se situent en Asie. Le secteur bancaire dans cette région a été en effet relativement épargné par la crise des subprime.

Si l'allocation d'actifs est déterminante pour certains, elle n'est pas centrale pour tous les gérants spécialisés dans les actions internationales et n'intervient que de façon indirecte. Une démarche suivie par exemple par Aberdeen Asset Management : «Si notre process d'investissement repose sur la sélection de valeurs, nous surveillons étroitement les indicateurs de risque et de valorisation relative, et restons également attentifs au momentum macroéconomique des principales économies dans le monde», relate Hugues de Montbel. Pour d'autres, le processus de sélection porte exclusivement sur les entreprises. «Nous ne faisons pas d'allocation d'actifs au sein des portefeuilles, c'est la sélection de valeurs qui détermine l'allocation géographique, précise Adeline Salat-Barroux, gérante chez EDRAM. Notre fonds actions internationales est très orienté sur les valeurs de consommation. Nous sélectionnons les entreprises qui détiennent des marques fortes et sont leaders sur leurs marchés. Elles bénéficient à ce titre de barrières à l'entrée et génèrent d'importants cash-flows. Enfin, nous privilégions les valeurs européennes et américaines fortement exposées aux marchés émergents comme les valeurs de luxe à l'exemple de LVMH ou de Tiffany, les grandes marques automobiles comme Volksvagen ou BMW. Ce type de valeurs résiste bien en période de baisse des marchés et rebondit assez tôt en période de reprise de la croissance.»

Cette stratégie est assez voisine de celle suivie par la Banque Syz & Co. «Nos idées ne sont que faiblement influencées par le cadre macroéconomique, explique Roberto Magnatantini, gérant pour la Banque Syz & Co, car notre processus d'investissement se focalise sur les qualités intrinsèques de chaque société prise individuellement. L'approche globale est rendue possible par le fait que les entreprises sont désormais très comparables internationalement, il n'y a donc plus de différence majeure entre investir en France, aux Etats-Unis ou au Brésil par exemple. Nous recherchons des sociétés qui offrent une réelle valeur ajoutée dans leur domaine ou qui présentent un cas de restructuration crédible, avec des valorisations offrant une certaine marge d'erreur.» Cette volonté de se focaliser sur les leaders est assez généralement partagée dans ce contexte de crise. Aberdeen Asset Management sélectionne aussi de préférence les entreprises internationales de qualité avec des bilans solides, ce qui suppose qu'elles génèrent des cash-flows (flux de trésorerie) importants qui leur permettent de se financer. Par conséquent, parmi les sociétés sélectionnées figurent ainsi les fleurons de l'agroalimentaire. «Nous apprécions particulièrement Procter & Gamble et Nestlé pour la force de leurs marques, leur bilan gorgé de cash et une forte exposition à la croissance des marchés émergents, précise Hugues de Montbel. Sur Nestlé, le cash récupéré après Alcon devrait être intégralement rendu aux actionnaires, et la sécurité financière de ces titres nous apparaît supérieure à certains risques souverains.»

Depuis le début de l'année, cette stratégie de gestion active reposant sur la sélection de valeurs s'est avérée plutôt payante. On la retrouve en effet dans de nombreux fonds classés en tête en matière de performance, ceux du Credit Suisse, d'EDRAM ou encore de la Banque Syz and Co. A l'inverse, on ne trouvera quasiment pas de fonds indiciels en tête du classement à l'exception d'un fonds de Lyxor Asset Management investi sur les petites capitalisations, mais c'est bien le seul, le deuxième ETF du classement figurant en 49e position. On notera également parmi les meilleurs fonds, un fonds atypique investi sur les petites capitalisations géré par Franklin Templeton alors que la plupart des gérants misent plutôt sur les grandes capitalisations.

Sandra Sebag

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