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Geithner nie avoir voulu aider Goldman ou Société Générale en sauvant AIG

Mercredi 27 Jan 2010 à 19:54

Le secrétaire au Trésor américain a farouchement nié mercredi devant la Chambre des représentants avoir défendu les intérêts de banques comme Goldman Sachs ou Société Générale dans le coûteux sauvetage de l'assureur AIG.

"Nous n'avons pas agi parce qu'AIG appelait à l'aide. Nous n'avons pas agi pour protéger les intérêts financiers d'institutions particulières. Nous n'avons pas agi pour aider des banques étrangères", a affirmé M. Geithner devant la Commission de surveillance et de réforme de l'Etat.

Cette commission enquête sur la décision de renflouer en urgence et nationaliser ce géant de la finance et de l'assurance, au bord de la faillite en septembre 2008, en même temps que s'effondrait la banque d'affaires Lehman Brothers.

M. Geithner était alors président de la Réserve fédérale de New York, le principal acteur de ce sauvetage controversé. Controversé car il a abouti à ce que des partenaires d'affaires d'AIG, principalement l'américaine Goldman Sachs, la française Société Générale ou l'allemande Deutsche Bank, bénéficient indirectement de l'intervention publique.

"Nous avons agi parce que les conséquences d'une faillite d'AIG à cette époque, dans ces circonstances-là, auraient été catastrophiques pour notre économie et pour les familles et entreprises américaines", a plaidé M. Geithner.

AIG doit encore 60 milliards à l'Etat, et de l'aveu même de M. Geithner, celui-ci "ne va probablement pas récupérer les coûts directs des investissements en capital du Trésor" déboursés pour maintenir le groupe en vie.

Les parlementaires ont insisté pour dire que l'Etat aurait dû renégocier les contrats d'AIG avec ces grandes banques, et ne pas les rembourser pleinement.

Mais le secrétaire au Trésor a démonté cet argument à plusieurs reprises. Pour lui, non seulement le temps manquait pour négocier, mais il n'y avait pas en face de volonté de le faire, et de surcroît cela aurait stigmatisé AIG comme un groupe qui n'honore pas ses contrats.

"Nous avions un choix difficile à faire pour savoir ce qui allait empêcher la faillite de l'entreprise au moindre coût pour le contribuable. Si nous avions cassé ces contrats (...), cela aurait entraîné un abaissement de sa notation. Le groupe n'aurait pas été en mesure de continuer, et il se serait effondré", a estimé M. Geithner.

Sur le Capitole, on ne comprend pas que Goldman Sachs et ses 12,2 milliards de dollars de bénéfice en 2009, ou des banques étrangères, aient été aidés par un Etat dont le déficit se creuse de jour en jour.

"Il y a beaucoup de gens pour penser, et j'en fais partie, que Wall Street s'en est bien sorti (...) et en fait s'est transformé d'entité qui créait des emplois à la plus grande machine à détruire des emplois de l'histoire du pays", a fait remarquer le président de la Commission, le démocrate Ed Towns.

Interrogé en particulier sur le rôle joué par des anciens de Goldman Sachs qui étaient fonctionnaires en septembre 2008, M. Geithner a assuré que leur passé n'avait eu aucune influence.

"Je crois qu'aucun de ces individus ne prendrait part à une décision comme celle-là --et ce sont des gens d'une intégrité totale qui ont agi dans des circonstances sans précédent-- sans faire de leur mieux pour l'intérêt général", a-t-il assuré.

Comme lors de ses précédentes auditions sur AIG, le secrétaire au Trésor a été invité par l'opposition à démissionner. Ce qu'il a refusé: "C'est un privilège pour moi de travailler avec ce président (...) Je le ferai tant qu'il me le demandera".

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