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Le sauvetage de l'euro, une affaire politiquement très sensible

Mardi 01 Nov 2011 à 13:23

Le sauvetage de l'euro va impliquer partout des pertes de souveraineté nationale difficiles à gérer sur le plan politique, comme le montre le cas de la Grèce où cette situation a conduit à la convocation d'un référendum à haut risque.

La déclaration finale du dernier sommet des pays de l'Union monétaire le 26 octobre, ayant abouti à l'effacement d'une partie de la dette grecque, a été très claire sur cette évolution.

Le contrôle européen des budgets nationaux est en passe d'être renforcé dans une ampleur inimaginable il y a encore quelques années.

"Le fait d'appartenir à une union monétaire a des conséquences considérables et implique une coordination et une surveillance bien plus étroites afin de garantir la stabilité et la viabilité de l'ensemble de la zone", indique le texte.

Problème: les opinions publiques sont-elles prêtes à franchir le pas?

Le cas de la Grèce est à cet égard paroxysmique. A l'instar de l'Irlande et du Portugal, qui ont eux aussi dû faire appel à l'aide internationale en raison de leur incapacité à se financer seuls sur les marchés financiers, la Grèce doit désormais passer sous les Fourches Caudines de ses bailleurs de fonds.

Mais dans le cas d'Athènes, cette surveillance est encore accrue par le fait que la situation économique n'a cessé de s'y dégrader et que le gouvernement ne parvient pas à atteindre les objectifs qui lui ont été assignés.

L'accord du dernier sommet prévoit dorénavant non plus seulement des inspections trimestrielles de la troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne) mais un contrôle peu ou prou permanent.

En parallèle, une "task force" de la Commission travaille sur place pour optimiser l'utilisation par le pays des fonds de l'UE. Mais l'initiative est vécue comme une forme de protectorat de "Bruxelles" par une partie des citoyens grecs.

Les changements en cours sont le revers de la médaille du Fonds de secours de la zone euro pour les pays en difficulté qui a fait voler en éclat le tabou selon lequel il ne pouvait y avoir de mécanisme de solidarité financière entre Etats de l'Union monétaire.

Les pays les mieux notés, comme l'Allemagne, la France, les Pays-Bas ou la Finlande, ne l'ont accepté qu'en contrepartie d'une surveillance beaucoup plus sévère des politiques nationales.

L'Italie a pu s'en apercevoir la semaine dernière lorsqu'elle a été soumise à un feu roulant de critiques de ses partenaires au sujet de l'absence des réformes économiques promises.

Alors même que le pays n'a pas fait appel à l'aide internationale, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a dû prendre le chemin de Canossa et venir présenter une feuille de route promettant de réaliser les dites réformes, notamment en matière de retraites.

Plus encore, la déclaration finale du sommet de l'euro du 26 octobre place de facto Rome sous surveillance de Bruxelles.

"Nous invitons la Commission à fournir une évaluation détaillée de ces mesures et à assurer le suivi de leur mise en oeuvre", avertit le texte.

Plus largement, l'arsenal anticrise mis au point par la zone euro prévoit désormais que les projets de budget de tous les pays seront contrôlés au niveau européen avant même leur adoption par les Parlements nationaux, ce qui fait grincer des dents.

Des sanctions tomberont plus facilement et plus rapidement que par le passé contre les pays laxistes.

L'Allemagne veut même aller encore plus loin en changeant le traité de l'UE. Berlin souhaite par exemple que la Cour de justice européenne punisse les pays laissant dériver leurs comptes ou que ceux-ci soient placés sous tutelle.

"Les pays qui demandent ou doivent être placés de manière prolongée sous la protection du Fonds de secours de la zone euro doivent aussi être prêts à renoncer à certains pans de leur souveraineté", a résumé le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle.

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