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EDF : chef de file de l'appel d' offres d'Abu Dhabi (presse)

Mercredi 09 Déc 2009 à 11:20

EDF devrait jouer un rôle clef dans l'appel d'offres nucléaire géant à Abu Dhabi, rapporte ce matin "Les Echos". L'équipe devait être initialement menée par Areva, GDF Suez et Total. Mais face aux réticences des autorités locales, l'électricien a été appelé à la rescousse. Par conséquent, le conseil d'administration d'EDF a réfléchi à un nouveau schéma qui donnerait au groupe un rôle de chef de file, tout en assurant une collaboration d'égal à égal avec le deuxième, indique le quotidien.

L'idée est de constituer un consortium en charge de la maîtrise d'ouvrage des réacteurs, dont EDF et GDF Suez, ce dernier réunissant son conseil aujourd'hui, détiendrait chacun 45% et Total 10%.

Selon "Les Echos", EDF n'avait jamais considéré cet appel d'offres comme stratégique, malgré les sommes en jeu - l'ensemble des contrats pourrait dépasser 40 milliards de dollars. Mais, suite aux appels du pied du client, l'électricien avait accepté une mission d'assistance technique. Le voilà chef de file.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Performances et stratégie

Chiffre d'affaires

- Au 30.06.2009 : 34 897 millions d'euros (+8,2% et +4,9% en croissance organique)

- Au 31.12.2008 : 64 279 millions (+7,8%)

Résultats

- Au 30.06.2009, résultat d'exploitation (EBITDA) : 10 141 millions (+12,2% et +2,4% en croissance organique) - Résultat net part du groupe : 3 117 millions (stable)

- Au 31.12.2008, résultat d'exploitation : 7 911 millions d'euros (-20,8%) - Résultat net part du groupe : 3 400 millions (-39,5%)

Prévisions

Le groupe a confirmé ses perspectives financières pour 2009. Il estime que l'EBITDA sera dynamisé par l'amélioration de la performance à l'international et par la contribution de British Energy. Il a maintenu son objectif de croissance organique modérée de l'EBITDA dans un contexte économique difficile. Le résultat net hors éléments non récurrents ne progressera pas compte tenu de la poursuite du programme d'investissements.

Stratégie

- Le nouveau patron, Henri Proglio, qui vient de Veolia Environnement, devrait accélérer l'expansion internationale du groupe.

- Pour la période 2008-2012, le groupe avait arrêté 3 priorités stratégiques: la relance du nucléaire dans le monde, les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, et enfin le renforcement de son leadership en Europe.

- Le programme de cessions annoncé doit réduire l'endettement financier net d'au moins 5 milliards d'euros d'ici fin 2010. Le groupe vise le maintien d'une notation forte, avec un ratio dette nette/EBITDA compris entre 2,5 et 3.

Evènements financiers

Début 2009, EDF a finalisé l'acquisition de British Energy pour près de 12 milliards de livres sterling (13,6 milliards d'euros). Il s'agit de la plus importante acquisition de son histoire. Cette opération devrait lui permettre de jouer un rôle de premier plan dans le renouveau du nucléaire au Royaume-Uni.

La reprise des activités nucléaires de l'américain Constellation Energy (pour 4,5 milliards de dollars) est, pour l'instant, retardée par une décision de justice. Le groupe espère conclure, d'ici au premier trimestre 2010, la vente de son réseau de distribution d'électricité au Royaume-Uni, pour environ 4 milliards de livres (4,7 milliards d'euros).

Forces et faiblesses de la société

Forces

- Fortes positions concurrentielles en Europe, en particulier en France ;

- Les besoins énergétiques futurs sont énormes car d'ici une dizaine d'année 1 milliard de personnes devraient accéder à l'électricité dans le monde ;

- Sur le premier semestre, EDF a affiché des résultats solides, notamment grâce aux activités à l'international, et à l'intégration de British Energy, qui a contribué à hauteur de 936 millions d'euros à l'EBITDA du groupe ;

- Même si depuis 2007 le marché français est ouvert à la concurrence, le leadership d'EDF n'est, pour le moment, pas menacé du fait de prix de revient très compétitifs grâce à ses réacteurs nucléaires ;

- En mettant la main sur British Energy, EDF devient le principal acteur de la relance du nucléaire en Grande-Bretagne. Cela répond à sa volonté de devenir le premier acteur mondial dans ce domaine ;

- En dépit de la baisse du résultat net par action en 2008 (1,87 euro contre 3,08 en 2007), le dividende a été maintenu à 1,28 euro par action ;

- A terme, l'accord donné par l'Autorité de s-reté nucléaire (ASN) pour étendre la durée d'exploitation des centrales de 900 MW du groupe de trente à quarante ans devrait favoriser la progression du titre. Cette progression devrait également être assurée par (i) les investissements en cours en France et à l'étranger qui devraient accroître les performances des centrales du groupe, (ii) le plan d'amélioration de l'efficacité opérationnelle, et (iii) l'intégration de British Energy qui doit générer des synergies supplémentaires.

Faiblesses

- Sur le premier semestre, le coût du mouvement de grève dans les centrales, qui a impacté sa filiale de distribution ERDF, est évalué à 270 millions (et à 450 millions sur l'ensemble de 2009) ;

- La structure financière d'EDF a été fragilisée par l'acquisition de British Energy : l'endettement net atteint 36,8 milliards d'euros au 30 juin 2009, pour seulement 27,7 milliards de capitaux propres ;

- Le désendettement est d'autant plus crucial pour le groupe qu'il doit mener des investissements en Grande-Bretagne dans le nucléaire ;

- Le maintien des tarifs réglementés (déterminés par l'Etat), que seul EDF peut pratiquer pour l'instant, risque d'être menacé suite à la remise au gouvernement du rapport Champsaur. Il préconise d'étendre ces tarifs à tous les fournisseurs d'électricité ;

- L'annonce par EDF Energy d'une baisse des prix de l'électricité de 8,8% en moyenne au Royaume-Uni à compter du 31 mars 2009 pourrait s'observer ailleurs en Europe ;

- Le recul du prix du pétrole pourrait limiter l'avantage du nucléaire, au coeur du développement du groupe.

La valeur et son secteur

Principales activités

Energéticien intégré, présent sur l'ensemble des métiers de l'électricité : production, transport, distribution, commercialisation et négoce d'énergies. EDF est également de plus en plus actif sur la chaîne du gaz en Europe.

Le secteur

La demande mondiale d'énergie devrait continuer à croître sous l'effet de l'industrialisation croissante et de la montée du niveau de vie des ménages des pays émergents. Dans les pays développés cette demande est soutenue par la prédominance du « tout-électrique ». Cette confiance en l'avenir est soulignée par les efforts des énergéticiens en matière d'investissements. EDF veut jouer un rôle majeur dans le renouveau du nucléaire dans le monde. Deux centrales sont en construction en Chine, et d'autres devraient être construites au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

La valeur dans son secteur

Leader du marché français de l'électricité - Un des leaders européens de l'énergie avec de fortes positions en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie.

Comment suivre la valeur

- EDF appartient au secteur des « utilities » (producteurs d'eau, de gaz et d'électricité), qui regroupe des valeurs défensives.

- Surveiller les diversifications du groupe dans le gaz et les acquisitions dans le nucléaire.

- Suivre l'application de la stratégie initiée par Pierre Gadonneix, par le nouveau dirigeant du groupe, Henri Proglio.

Rémunération des actionnaires

Dividendes versés

1,28 euro par action

Taux de distribution des dividendes

68,4%

Taux de croissance du dividende par action

Stable

Rendement (dividendes / cours moyen depuis début 2009)

3,6%

Estimations de dividendes par action

1,28 euro en 2009

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Services aux collectivités

Les autorités françaises ont récemment approuvé la création d'une agence de financement des collectivités locales, à l'instar de ce qui se fait déjà dans de nombreux pays dans le monde. Grâce à cette agence, qui lancera des emprunts sur le marché obligataire au profit des régions, des départements, des agglomérations ou des villes, les collectivités espèrent diversifier leurs sources de financement. Celles ci sont, pour l'instant, très dépendantes des financements bancaires, particulièrement en provenance de Dexia et des Caisses d'Epargne. Dans le passé, les collectivités se sont déjà associées plusieurs fois pour lever des fonds sur le marché obligataire. Le dernier emprunt date de 2008, lorsque 32 collectivités ont levé 250 millions d'euros. Néanmoins, depuis ces dernières années, l'Acuf (Association des communautés urbaines de France) soutient le lancement d'un véhicule de financement qui bénéficierait de la meilleure note attribuée par les agences (notation « AAA ») et qui pourrait ainsi facilement se refinancer sur les marchés.

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