Schneider Electric gagne 6,08% à 63,9 euros après la publication de ses résultats du premier semestre. Le spécialiste de la gestion de l'énergie a confirmé son objectif de 12% de marge ebita avant coûts de restructuration pour l'ensemble de l'année 2009. Le groupe a évoqué « des signes précurseurs de reprise » dans « certaines nouvelles économies », mais s'attend cependant à ce que la variation organique du chiffre d'affaires au deuxième semestre soit en ligne avec celle du premier semestre.
Sur cette période, elle a atteint -17,9%. Auparavant, le groupe visait une décroissance organique de 15% sur l'exercice. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 7,75 milliards d'euros au premier semestre.
L'EBITA avant coûts de restructuration a reculé de 36% 903 millions d'euros, représentant 11,6% du chiffre d'affaires contre 15,8%, un an plus tôt. Le résultat net a, lui, fondu de 59,3% à 346 millions d'euros. La performance de Schneider Electrics a été pénalisé par la dégradation des volumes et du mix d'activités.
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LEXIQUE
EBITA : Résultat avant frais financier et impôts.
Activité de la société
Issu du rachat des fonderies du Creusot par la famille Schneider au XIXe siècle, Schneider Electric est l'un des plus anciens fleurons industriels français. Aujourd'hui, le groupe est spécialisé dans la production et la vente d'équipements pour la distribution électrique moyenne et basse tension et les automatismes industriels.
Le chiffre d'affaires est réparti entre trois activités :
-Distribution électrique (57%) : disjoncteurs, interrupteurs, prises, systèmes de contrôle d'éclairage et de chauffage, etc.
- Automatismes et Contrôle (29%) : produits de contrôle et d'alimentation des équipements industriels, produits d'automatisation, capteurs et détecteurs, automatismes pour bâtiments...
- Energie sécurisée (14%) : systèmes de sécurité, alimentations électriques sécurisées.
Présent dans 102 pays, Schneider Electric emploie plus de 120 000 personnes.
Les points forts de la valeur
- Fort d'une situation financière saine, Schneider Electric dispose d'une très bonne capacité à maintenir ses marges et à dégager régulièrement du cash, même en période difficile.
-Le groupe ne cesse de se développer dans de nouveaux métiers en plein essor qui présentent des marges élevées et sont moins dépendants des cycles économiques, comme la sécurisation énergétique.
- Schneider jouit de l'une des meilleures expositions du secteur aux marchés émergents (32% de l'activité), qui représentent un réservoir de croissance important (Chine, Asie, Europe de l'Est).
- Le groupe étudie un plan stratégique visant à faire progresser la marge d'exploitation en réduisant les coûts de structure.
Les points faibles de la valeur
-Schneider Electric reste une valeur cyclique, avec 69% de son chiffre d'affaires exposé à l'industrie et à la construction et 28% du CA exposé aux Etats-Unis.
-En raison d'un cycle d'activité court, le carnet de commandes du groupe ne représente qu'un à deux mois de ventes, ce qui renforce le manque de visibilité.
- La baisse du dollar face à l'euro et la hausse des prix des matières premières est pénalisante.
- Une baisse du cours de l'action pourrait fragiliser le groupe face à une tentative d'OPA à bon compte sur son capital, qui est extrêmement fragmenté.
Comment suivre la valeur
- Les principaux marchés de Schneider Electric sont l'Amérique du Nord et l'Europe. La conjoncture économique de ces régions influence donc l'évolution du titre.
- On s'intéressera également aux tendances à long terme de l'industrie et aux investissements de production d'électricité. Le potentiel de l'automatisation, dans l'industrie comme à la maison (domotique) semble prometteur.
- La question d'une éventuelle diversification du groupe se pose dans la mesure où Schneider Electric ne peut guère effectuer de grands achats sur son métier actuel pour des raisons de concurrence.
-Le groupe fait régulièrement l'objet de rumeurs d'OPA de la part d'ABB.
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Biens d'équipement
Le recul de la production des industries mécaniques en France n'a cessé de s'amplifier sur les derniers mois. Selon la Fédération des industries mécaniques (FIM), depuis le mois de décembre, la baisse des volumes produits par ces industries est de plus en plus marquée : si elle s'élevait à 1,3% fin 2008, elle a atteint 2,2% en janvier (par rapport au même mois de l'année précédente), 3,2% en février, et 4% en mars. La FIM estime que le recul des volumes produits devrait encore se renforcer et s'établir à 4,6% en avril et à 5,1% en mai. La chute des investissements, qui touche à la fois la France et l'Europe, est encore plus marquée aux Etats-Unis. Au premier trimestre, les dépenses des entreprises américaines ont chuté de 37% par rapport aux trois mois précédents. Le recul est plus fort (à 47%) pour les équipements industriels et encore davantage (78%) pour le matériel d'exploration et d'exploitation minière. La crise économique plonge certains fabricants de biens d'équipement dans les difficultés. Le suisse Sulzer, spécialiste des pompes et machines pour l'industrie, va supprimer 1400 postes, soit 11% de son effectif mondial, principalement en Europe et en Amériques. L'objectif est de réduire ses coûts annuels de 110 millions de francs suisses (73,2 millions d'euros).