Endettement: face à la cigale américaine, la fourmi chinoise | Bourse Reflex
Accueil > Actualités > Macro Économie

Endettement: face à la cigale américaine, la fourmi chinoise

Mercredi 17 Aoû 2011 à 12:10

Contrairement à la cigale américaine qui vit, comme son pays, très largement à crédit, la fourmi chinoise est assise, comme son pays, sur un épais matelas d'épargne et abhorre l'idée même d'endettement.

Des Etats-Unis à la Chine, les habitudes de consommation sont diamètralement opposées: le Chinois est le champion mondial de l'épargne. Hélas pour Pékin qui aimerait voir la consommation prendre le relais des exportations comme moteur de la croissance.

Encouragés par leurs médias qui s'en donnent à coeur joie ces jours-ci contre l'Oncle Sam "perclus de dettes" ou se demandent avec jubilation "ce qui ne tourne pas rond en Occident", les Chinois regardent de haut ces Américains qui dépensent l'argent avant de l'avoir gagné.

La Nation de la fourmi est prêteuse, ce n'est pas sa moindre qualité: elle finance les gigantesques déficits américains en achetant des bons du Trésor. Mais tout de même.

Tout en faisant ses courses, le Pékinois Zhao Kai peste contre ces Américains "qui nous pourrissent la vie" et leur conseillerait de "n'acheter que ce qu'ils peuvent payer".

Car comme une majorité de Chinois, Zhao "n'aime pas les dettes". L'endettement des ménages chinois ne représentait que 17% de leur revenu, contre 136% pour les américains l'an dernier, selon le magazine Forbes.

"Contrairement à l'Américain qui vit à crédit, le Chinois, quand il gagne 100 yuans, en épargne entre 25 et 30", explique à l'AFP Wang Qing, responsable à la China International Capital Corporation, une institution financière.

L'insuffisance de couverture maladie, de retraite et l'enfant désormais unique qui ne peut pas, seul, prendre en charge ses vieux parents, militent en faveur de gros bas de laine. L'épargne des ménages chinois s'élevait ainsi fin juin, selon la banque centrale, à 3.627 milliards d'euros, soit 2.790 euros par habitant.

Les cartes de crédit ne sont apparues que dans les années 1990 en Chine. "Seulement 5% des Chinois ont des cartes de crédit, ce qui fait une grande différence avec les Etats-Unis où 60% de la population en a une, ou plusieurs", estimait le consultant McKinsey fin 2009.

La carte de crédit n'autorise pas les Chinois à flamber pour autant.

"Il ne faut pas en abuser, sinon on devient esclave", déclare Li Yingsong, chef d'entreprise. "Le paiement en liquide c'est mieux: si on n'a pas d'argent on ne consomme pas". "C'est culturel. Les Chinois ne dorment pas bien s'ils ont des dettes", explique Shen Lingling, directrice de Caishang Wealth, société de conseil financier.

Très peu de magasins proposent des paiements échelonnés et les Chinois préfèrent acheter cash. "On a les espèces en main, ça donne un sentiment de sécurité", explique Cao Yang, une traductrice, "les gens autour de moi n'utilisent pratiquement pas le crédit".

Dans la ville de Qingdao (nord-est), un Chinois avait fait sensation en achetant en 2009 en liquide un immeuble de 8,7 millions d'euros. A Pékin, des concessionnaires de voitures de luxe voient parfois débarquer des clients qui s'offrent un bolide avec des valises de billets.

Mais aujourd'hui, les Chinois sont obligés de faire une entorse à leurs principes. La flambée de l'immobilier pousse beaucoup de citadins à s'endetter et à engloutir parfois plus de la moitié de leur salaire dans les remboursements d'un crédit.

Par ailleurs, une jeunesse chinoise en voie d'"américanisation" est en train de faire évoluer les moeurs: les "yue guang zu", littéralement "la tribu qui dépense tout son salaire mensuel". Contrairement à leurs parents sous Deng Xiaoping et grands-parents sous Mao Zedong, ils profitent de la vie avec insouciance. "La plupart de mes amis à Pékin sont des 'yue guang zu'", dit Cao Yang, la traductrice.

"Ce sont des enfants uniques, ils n'ont jamais manqué d'argent, alors ils dépensent sans réfléchir", déplore Shen Lingling.

Quitte à se trouver, comme les Américains, fort dépourvus quand la bise sera venue.

Partager sur Facebook
Article Précédent :
Edenred cède sa filiale australienne...
Article Suivant :
Dette américaine: la Chine attend de...

Ecrire un commentaire

J'accepte la charte et que mon commentaire soit publié sur BourseReflex.com 

Les autres actualités


Retour vers 'Macro Économie' »




Mots-clés : Consommation   Etats unis   Euros   Immobilier   Retraite   Cigale   Chine   Pekin   Zhao   Shen   Lingling  

Si vous passez un ordre de bourse sur le CAC40 le vendredi soir à 18h, quand sera t-il éxécuté?
Mon portefeuille virtuel

Initiez-vous à la gestion gratuitement et sans risque !

Ma liste de valeurs

Suivez l'évolution du cours de vos valeurs préférées !

Alerte email

Soyez immediatement informés


Retrait de Borloo
Jean-Louis Borloo a décidé de ne pas se porter candidat à l'élection présidentielle de 2012. Qu'en pensez-vous?