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La Grèce obtient une promesse d'argent frais et voit s'éloigner la faillite

Vendredi 01 Jul 2011 à 20:50

Le vote du plan d'austérité grec va permettre de débloquer dès samedi de l'argent frais, permettant d'éviter dans l'immédiat une faillite d'Athènes dont les conséquences seraient gravissimes pour la zone euro, toujours pas tirée d'affaire durablement.

Un accord de principe a été trouvé pour débloquer la prochaine tranche des 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans promis l'an dernier dans le cadre du premier plan de sauvetage grec, ont indiqué vendredi des diplomates européens.

La décision formelle sera prise samedi à partir de 16H00 GMT par les ministres des Finances de la zone euro lors d'une conférence téléphonique, a indiqué le porte-parole de Jean-Claude Juncker, leur chef de file.

La part européenne de la tranche représente 8,7 milliards d'euros de prêts. Le Fonds monétaire international, qui doit rajouter 3,3 milliards, a également estimé jeudi pouvoir les débloquer "bientôt".

La Grèce, assommée par son énorme dette, a absolument besoin de cet argent pour faire face à ses obligations de remboursement autour de la mi-juillet. Dans ce contexte, une source au ministère grec des Finances a jugé "positif" que la procédure "ait été accélérée".

Jean-Claude Juncker a convoqué la téléconférence ministérielle de samedi en remplacement d'une réunion initialement prévue le lendemain, estimant qu'il n'y avait plus de raison d'attendre.

La Grèce a en effet rempli la condition posée par ses bailleurs de fonds: son Parlement a entériné mercredi et jeudi le programme d'austérité qu'ils exigeaient, prévoyant 28,4 milliards d'euros d'économies supplémentaires d'ici 2015 et une rafale de privatisations censées rapporter 50 milliards.

La téléconférence permettra "que ce soit court, non théâtral, opérationnel pour les marchés", a commenté l'un des diplomates.

Cela évitera aussi les déceptions: contrairement à ce qu'espéraient certains responsables, il n'y aura pas ce week-end de décision sur un deuxième plan de sauvetage d'une centaine de milliards d'euros supplémentaires, censé assurer le financement d'Athènes à plus long terme.

Les ministres espèrent "avancer" samedi, mais "pas encore conclure", selon le diplomate. Il faudra attendre une autre réunion, prévue de longue date pour le 11 juillet.

De grosses incertitudes subsistent sur le deuxième plan de sauvetage, même si des avancées semblent se faire sur l'un des points les plus controversés, la participation des banques et autres créanciers privés de la Grèce.

Une proposition a été mise sur la table en France, envisageant deux options: soit le renouvellement de 70% des prêts consentis par les banques pour une durée de 30 ans, soit un renouvellement à 90% mais pour une durée plus courte, 5 ans.

Les banques allemandes ont aussi ébauché un geste jeudi en s'engageant à prolonger tout ou partie de leurs 3,2 milliards d'euros de crédits à la Grèce arrivant à échéance en 2014.

Josef Ackermann, le patron de la puissante Deutsche Bank, a toutefois reconnu que les négociations étaient "extrêmement complexes".

Le vote du Parlement grec "réduit les chances d'un désastre à court terme, mais le pays reste dans une position précaire", estime Ben May, économiste chez Capital Economics.

"Même si la question de l'implication du secteur privé est résolue, il y a des doutes sur la capacité du gouvernement à vendre 50 milliards d'euros d'actifs publics (...) et à mettre en oeuvre les nouvelles mesures d'austérité", prévient-il.

L'application de ces dernières sera surveillée de près par les experts européens et du FMI, dont de nouvelles missions à Athènes sont prévues au moins tous les trimestres.

Parallèlement, les autres pays de la zone euro jugés fragiles tentent déjà de se prémunir contre une éventuelle contagion.

Le Portugal et l'Italie ont présenté cette semaine de nouveaux plans d'austérité, censés accélérer la réduction de leurs déficits et rassurer les marchés.

Ce n'est pas gagné: l'agence Standard and Poor's, qui envisage depuis fin mai d'abaisser la note de l'Italie, a jugé vendredi que des "risques" pesaient toujours sur l'assainissement des finances du pays.

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