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Automobile: Fiat lance un ultimatum aux syndicats pour maintenir ses projets en Italie

Mercredi 28 Jul 2010 à 17:20

Le patron de Fiat a lancé mercredi un ultimatum aux syndicats pour qu'ils s'engagent à accepter de revoir les accords actuels afin de rendre les usines italiennes compétitives, condition sine qua non à la mise en oeuvre de son projet de doubler la production dans le pays.

"Nous avons seulement besoin de clarté: ou oui ou non", "+oui+ veut dire moderniser la structure industrielle italienne pour lui donner la possibilité d'être compétitive, +non+ veut dire laisser les choses comme elles sont", a déclaré Sergio Marchionne au cours d'une rencontre à Turin avec le ministre du Travail et les syndicats.

"Le poids de la présence de Fiat en Italie est en jeu", a-t-il mis en garde car en cas de non, "les investissements prévus pour l'Italie seront redimensionnés".

Evoquant sa décision de produire en Serbie un modèle qui aurait dû être assemblé dans l'usine de Mirafiori à Turin, ce qui avait suscité une vive polémique, M. Marchionne a assuré que "cela n'enlevait pas les perspectives pour l'avenir de Mirafiori" où seront produits d'autres modèles.

Fiat avait présenté en avril son projet "Fabbrica Italia" (Usine Italie) visant à produire 1,4 million de voitures en Italie en 2014 contre 650.000 actuellement. Il investirait pour cela 20 milliards d'euros sur cinq ans dans la Péninsule, soit les deux tiers de son budget total d'investissement.

Mais le groupe veut être sûr que les syndicats acceptent de revoir les accords actuels afin de permettre plus de flexibilité et de rendre les usines plus compétitives.

Globalement, Fiat et son allié américain Chrysler tablent sur une production de 6 millions de voitures d'ici 2014 contre environ 4 millions actuellement.

L'Italie est la "seule zone du monde" où Fiat perd de l'argent, a martelé le patron italo-canadien qui est également directeur général de Chrysler. "Produire par à-coups, avec des niveaux d'absentéisme injustifiés, voir les lignes bloquées des jours entiers est un risque que nous ne pouvons prendre".

Si "cela est nécessaire", Fiat, qui est le plus grand groupe du pays, envisage de sortir de la convention collective de la métallurgie afin de négocier un autre contrat, a dit M. Marchionne, ce qui représenterait une véritable révolution dans les relations sociales en Italie.

Les syndicats y sont opposés. Une réunion sur cette question épineuse est prévue jeudi.

Le groupe est déjà parvenu en juin à un accord durcissant les conditions de travail dans son usine de Pomigliano (sud) en échange de la relocalisation de la production de la Panda, actuellement assemblée en Pologne.

Mais cet accord a été rejeté par un syndicat, la Fiom, et par plus d'un tiers des salariés de l'usine lors d'un référendum, ce qui a ravivé les tensions au sein du groupe.

Fiat, qui espérait une adhésion plus massive, a laissé planer le doute avant de finalement donner son feu vert à l'investissement.

A l'issue de la rencontre mercredi, les syndicats modérés comme l'UIL et la CISL se sont dit prêts à négocier d'autres accords avec Fiat tandis que la Fiom a dénoncé un diktat de la part du groupe digne d'une "république bananière".

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