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Analyse / Dans l'attente des stress tests des banques

Mardi 13 Jul 2010 à 12:11

(AOF / Funds) - Les marchés financiers valorisent aujourd'hui un scénario de rechute en récession de l'économie mondiale. Une de leurs craintes est que la crise de la dette souveraine en Europe n'affaiblisse une nouvelle fois le système bancaire (via une dépréciation de la valeur de certains emprunts d'Etat), ce qui aggraverait à son tour la situation des finances publiques. Ces risques existent, ne serait-ce que parce que les anticipations de marchés peuvent rapidement devenir autoréalisatrices. Mais, à l'aune des fondamentaux, ils nous semblent exagérés. A l'instar de l'expérience menée aux Etats-Unis en mai 2009, la publication des stress tests pour 91 banques européennes, prévue le 23 juillet, pourrait jouer un rôle déterminant pour rétablir la confiance des investisseurs et permettre aux banques de se recapitaliser sereinement.

Grâce à la BCE, le secteur bancaire européen ne manque pas de liquidités, mais il doit relever plusieurs défis (assainissement de son bilan, doublement des émissions obligataires d'ici à 2012, nouvelle réglementation Bâle III après 2012). La priorité est de poursuivre le nettoyage des bilans. Globalement, le message des institutions internationales est rassurant, puisque les futurs profits semblent suffisants pour passer le cap des dépréciations à venir. Mais les investisseurs sont convaincus qu'il existe des banques «zombies» et, vu les montants en jeu et la faible profitabilité de certains établissements, le contraire serait étonnant. Sous la houlette de la Banque d'Espagne, la course à la restructuration des caisses d'épargne s'est d'ailleurs accélérée ces dernières semaines.

Pour que les stress tests parviennent à rassurer, deux conditions devront être réunies : d'une part, ils devront être suffisamment sévères et traiter des véritables préoccupations des marchés ; d'autre part, les Etats devront intervenir rapidement au cas où le résultat d'un établissement en montrerait la nécessité.

Pour les investisseurs, la situation aujourd'hui est asymétrique. Si les tests déçoivent (par exemple si les simulations ne prévoient pas la possibilité d'une restructuration de la dette grecque), l'avenir restera aussi incertain qu'aujourd'hui et il faudra conserver un volume suffisant de liquidité. Si le tri est fait entre le grain et l'ivraie, les conditions financières devraient entamer une détente. Le secteur bancaire en sortirait gagnant et les primes de risque souverain se comprimeraient. Il faudra alors être capable de saisir rapidement les opportunités.

Par Michel Martinez, responsable adjoint de la stratégie groupe, Amundi

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