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La Chine, hôte de Barack Obama, fustige le protectionnisme des Etats-Unis

Lundi 16 Nov 2009 à 10:54

La Chine a taxé les Etats-Unis de protectionnisme croissant lundi, ce qu'a nié un responsable américain accompagnant le président Barack Obama actuellement en visite d'Etat en Chine.

"Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux étaient des partisans de la liberté de commerce... et nous avons soudain des Etats-Unis protecteurs", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère du Commerce Yao Jian.

"Les Etats-Unis (...) ne devraient pas créer diverses barrières commerciales pour protéger leur industrie nationale", a-t-il dit.

Mais le secrétaire au Commerce Gary Locke a peu après démenti tout "protectionnisme accru" de la part des Etats-Unis.

"Le président Obama a indiqué de nombreuses fois que nous ne pouvons pas nous engager sur la voie du protectionnisme. Le protectionnisme invite à des représailles qui, alors, débouchent sur une guerre commerciale (...) et tout le monde est perdant", a affirmé M. Locke lors d'un déjeuner avec des hommes d'affaires américains.

Le porte-parole chinois a par ailleurs réaffirmé que les autorités chinoises préserveraient la stabilité du yuan, s'indignant des pressions "injustes" des Etats-Unis pour une réévaluation de la monnaie chinoise, alors qu'eux-mêmes ont laissé plonger le billet vert "pour accroître leur compétitivité".

"Il faut créer pour les entreprises un environnement stable, y compris (dans le domaine) des taux de change, pour aider la croissance de l'économie mondiale et la relance des exportations chinoises" a-t-il dit.

"Il est préjudiciable à la reprise mondiale et injuste (de la part des Etats-Unis) de demander aux autres (monnaies) de s'apprécier tout en laissant le dollar continuer de plonger", a déclaré Yao.

Le yuan est de facto réarrimé au dollar depuis l'été 2008.

Les grands partenaires commerciaux de la Chine -- Etats-Unis et Union européenne en tête -- l'accusent de garder sa monnaie sous-évaluée pour favoriser ses exportations.

En visite à Pékin, le directeur-général du Fonds Monétaire International (FMI) Dominique Strauss-Kahn a lui aussi plaidé lundi pour une hausse du yuan, favorable au pouvoir d'achat des ménages et donc à la relance de la consommation privée.

Pour sa part, le président Obama, en Chine depuis dimanche soir pour une visite de trois jours, a mis l'accent lundi sur l'importance des relations bilatérales, insistant sur le fait que "Chine et Etats-Unis n'avaient pas à être des adversaires".

Au plan commercial, ces relations bilatérales se sont tendues ces derniers mois avec une série d'enquêtes antidumping lancées de part et d'autre, ou de taxes douanières, comme celles décidées par Washington contre les pneus chinois importés, vivement dénoncées par Pékin.

Gary Locke a estimé lundi que les mesures américaines contre les pneus chinois faisaient "partie de l'ordre naturel des affaires".

"La Chine lance des actions antidumping contre de nombreuses entreprises américaines tout comme les Etats-Unis lancent des actions contre des entreprises européennes", a-t-il souligné.

Le responsable américain devait rencontrer lundi le ministre chinois du Commerce Chen Deming.

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