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Paris et Berlin haussent le ton contre les paradis fiscaux

Jeudi 12 Mar 2009 à 17:21

La France et l'Allemagne ont prôné jeudi "un mécanisme de sanctions" international contre les paradis fiscaux, dans une déclaration commune publiée à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand à Berlin.

Affichant son identité de vues sur ce sujet avec Mme Merkel, le président français Nicolas Sarkozy a plaidé pour que le thème soit abordé début avril à la réunion du G20, les 20 premières économies mondiales, à Londres.

Mais un nouveau point de friction est apparu avec l'annonce de la fermeture programmée du site français du fabricant allemand de pneumatiques Continental à Clairoix, qui a créé une vive émotion en France. En novembre dernier, le directeur du site avait démenti des rumeurs de fermeture.

M. Sarkozy a souligné combien Paris serait "vigilant quant au respect des procédures" et de "la parole donnée", et Mme Merkel a annoncé que Berlin allait vérifier avec l'entreprise qu'"il n'y a pas eu des promesses qui n'auraient pas été tenues".

Au G20 de Londres le 2 avril, il s'agira d'"avoir ou non le courage de dire quels sont les paradis fiscaux et ce qu'on leur demande" en terme d'"obligation de transparence", a par ailleurs dit le président français.

"On ne reproche à aucun pays d'avoir des taux de fiscalité très bas. Mais la règle, c'est de dire d'où vient l'argent et ce qu'ils en font", a dit M. Sarkozy. "Renoncer au secret bancaire va dans le bon sens, cela ne veut pas dire renoncer à la protection de la vie privée", a-t-il ajouté.

Pour Mme Merkel, "chaque produit, chaque acteur et chaque endroit du monde doivent être transparents". "Nous devons agir avec toute notre détermination" face à ces "pays non coopératifs", a dit la chancelière.

Le Liechtenstein et la Suisse, notamment, font face depuis des mois à une offensive de l'Allemagne en raison de leurs pratiques bancaires.

Berlin et Paris ont par ailleurs annoncé des "groupes de travail" sur deux sujets parfois épineux entre les deux pays, l'énergie et l'automobile.

Les deux pays ont promis également d'appliquer le Pacte de stabilité et de croissance, et de poursuivre la consolidation de leurs finances publiques, selon le texte de la déclaration.

L'Allemagne et la France ont aussi jugé "crucial" que le Traité européen de Lisbonne entre en vigueur avant la fin de l'année, alors que sa ratification par tous les pays membres paraît laborieuse.

Les deux pays ont aussi l'intention de préparer une "initiative commune" avant la réunion du G20, dont le contenu sera rendu public "en temps voulu", a indiqué le président français.

"Nous défendons une position totalement identique" et "nous voulons envoyer un signal commun avant le G20", a dit Mme Merkel devant la presse.

"Notre exigence", a renchéri M. Sarkozy, "est que le sommet du G20 à Londres se traduise par des résultats. C'est ce qui compte. A Washington (en novembre), nous avons défendu des principes, à Londres nous voulons des résultats. Au cas où ce ne serait pas le cas, nous avons décidé que l'Allemagne et la France parleraient d'une même voix".

Le président français a assuré que Berlin et Paris s'entendaient "très bien, et pas sur le dos des autres".

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