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La présidence tchèque de l'UE dénonce le "protectionnisme" de Sarkozy

Vendredi 06 Fév 2009 à 17:49

La présidence tchèque de l'UE a dénoncé vendredi les tentatives du président français Nicolas Sarkozy d'utiliser la crise financière pour introduire des formes de "protectionnisme" après ses propos sur la relocalisation des constructeurs automobiles français.

"Les tentatives d'utiliser la crise financière pour introduire des formes de protectionnisme (...) risquent de ralentir et de mettre en péril la relance de l'économie européenne et la confiance des consommateurs et des investisseurs", a déclaré le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dans un communiqué.

"Le président français souhaite protéger les intérêts de son pays, et moi en tant que Premier ministre tchèque et président du Conseil européen, je défendrai le principe +mêmes règles pour tous+", a-t-il ajouté.

"En tant que Premier ministre tchèque", M. Topolanek a aussi salué la "décision tout à fait légitime et libre" des sociétés françaises de produire en République tchèque des voitures destinées au marché français.

"Leur maintien est non seulement dans l'intérêt de la République tchèque, mais c'est aussi une condition préalable de cohésion pour tous les Etats membres" de l'UE, a-t-il insisté.

Le site de la société TPCA (Toyota Peugeot Citroën Automobile), inauguré en février 2005 à Kolin (centre) a fabriqué en 2008 un total de 324.289 voitures Toyota Aygo, Peugeot 107 et Citroën C1, en hausse de 5,1% par rapport à 2007.

Jeudi soir, M. Sarkozy a affirmé lors d'une intervention télévisée vouloir "qu'on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise".

"Si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs", a-t-il dit.

Les déclarations du chef de l'Etat français ont suscité vendredi une cascade de réactions négatives en République tchèque, tout comme en Slovaquie voisine.

"Si quelque chose est susceptible de contribuer à l'approfondissement et à la prolongation de la crise, c'est un protectionnisme massif instauré par de grands Etats", a déclaré le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce, Martin Riman.

"Si la France insiste sur ses mesures protectionnistes, le sens de l'UE sera gravement menacé", a de son côté affirmé le chef de la chambre de commerce tchèque, Petr Kuzel.

A Bratislava, le ministre slovaque de l'Economie, Lubomir Jahnatek, a estimé que l'initiative de la France était "très contre-productive".

"Ce serait très mauvais si les Etats de l'UE commençaient à prendre certaines mesures protectionnistes", a-t-il souligné.

En Slovaquie, le groupe français PSA a produit en 2007 186.000 véhicules sur son site de Trnava, qui compte quelque 3.000 employés. Le groupe s'est installé en 2006 en Slovaquie pour un investissement de 800 millions d'euros, contribuant ainsi à l'essor économique de l'ancien pays communiste, largement dépendant aujourd'hui de l'industrie automobile.

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