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L'Italie soutient l'automobile mais Berlusconi ne veut pas de délocalisation

Vendredi 06 Fév 2009 à 18:25

Le gouvernement italien a adopté vendredi une nouvelle série de mesures anti-crise, principalement pour relancer les ventes d'automobiles, demandant en échange, comme la France, aux constructeurs de garder leurs usines dans le pays.

L'une des principales mesures est la mise en place, comme dans d'autres pays européens, d'une prime à la casse d'un montant de 1.500 euros, afin que les Italiens achètent des voitures plus récentes et moins polluantes.

Selon le ministre du Développement économique Claudio Scajola, l'Italie "a le parc automobile le plus vieux d'Europe". La mesure qui concerne les "voitures ayant plus de dix ans" peut permettre de changer jusqu'à "15 millions de voitures".

De quoi relancer des ventes qui s'écroulent depuis plusieurs mois en Italie, amenant le groupe Fiat à mettre massivement ses salariés au chômage technique.

En fin d'année dernière, le gouvernement italien avait exclu toute aide au secteur mais a changé de cap face à la poursuite de la chute des immatriculations.

Le montant du plan, qui prévoit également des déductions fiscales pour l'achat de meubles et d'électroménager, est de "deux milliards d'euros", a indiqué le chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

En échange de ces aides, le Cavaliere a demandé à l'industrie automobile de "conserver les usines en Italie" et de "maintenir les paiements aux fournisseurs de composants qui souffrent".

Le secteur automobile emploie 400.000 personnes, chiffre qui grimpe à un million avec les emplois indirects, selon M. Berlusconi. Fiat qui emploie 78.000 personnes dans la Péninsule est le premier employeur privé du pays.

La condition posée par M. Berlusconi est dans la même ligne que celle du président français Nicolas Sarkozy. Celui-ci a estimé jeudi que "si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs".

La déclaration a provoqué une polémique avec la République Tchèque, qui préside actuellement l'Union Européenne.

"Si quelque chose est susceptible de contribuer à l'approfondissement et à la prolongation de la crise, c'est un protectionnisme massif instauré par de grands Etats", a répondu vendredi le ministre tchèque de l'Industrie et du Commerce, Martin Riman.

La Commission européenne a également mis en garde la France mercredi contre toute tentation protectionniste dans le cadre des aides à l'automobile.

Le nouveau paquet anti-crise du gouvernement italien intervient après un premier train de mesures adopté fin novembre. D'un montant de 5 milliards d'euros pour 2009, il comprenait un bonus pour les familles modestes et des déductions fiscales pour les entreprises.

L'opposition, les syndicats et le patronat l'avaient jugé insuffisant.

Selon le FMI, l'impact du premier paquet anti-crise de l'Italie est seulement de 0,2% de PIB pour 2009, contre 1,5% en Allemagne ou 1,4% en Grande-Bretagne. Le gouvernement s'était défendu en justifiant son manque de marge de manoeuvres par le poids de la dette publique (104,1% du PIB en 2007), la plus élevée de l'UE.

Cette dette devrait encore progresser. Selon la presse, le gouvernement s'attend à 110,5% du PIB en 2009 et 112% en 2010. Ces chiffres devraient être confirmés officiellement prochainement, tout comme la nouvelle prévision d'un recul du PIB de 2% cette année.

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