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Dans la crise, Parisot loue les entreprises et rejette l'ingérence de l'Etat

Jeudi 05 Fév 2009 à 14:36

La présidente du Medef Laurence Parisot a rendu hommage jeudi à des entreprises françaises qu'elle a jugées "admirables" face à la crise, et a refusé toute intervention de l'Etat dans leur gestion et dans les rémunérations des patrons.

"Nous nous battons comme jamais. Avec l'angoisse aux tripes comme jamais". Et "vous en bavez comme jamais !", a lancé la patronne du Medef à 1.000 participants, en clôturant l'assemblée générale du mouvement au théâtre Mogador à Paris.

Sans surprise, la manifestation, intitulée "Vivement l'avenir, ready for the future", était placée sous le signe de la crise.

"Nous sommes parfois en état de sidération devant son ampleur, son intensité", a confessé Laurence Parisot.

Mais dans ce "brouillard d'une épaisseur inquiétante", les entreprises françaises se montrent "admirables", a-t-elle insisté.

Rendant hommage à des comportements souvent "exemplaires de dirigeants de PME", à l'opposé de "la cupidité qui a caractérisé certains", elle a balayé les attaques: "qu'on ne vienne pas nous dire que nous profiterions de cette affreuse tempête, de ces vents adverses, pour délocaliser ou licencier."

La présidente du Medef a pointé à l'inverse "la part de responsabilité des Etats", fustigeant "la trop grande légèreté avec laquelle les politiques ont laissé s'installer des normes comptables tout simplement néfastes".

L'intervention publique dans la crise n'est "ni un cadeau aux entreprises ni un sauvetage qui légitimerait des interventions tous azimuts", a-t-elle aussi estimé, appelant l'Etat à "laisser l'entrepreneur entreprendre".

Et d'étayer: il faut que "l'action publique (...) apporte des réponses sans jamais s'immiscer dans ce que l'Etat ne sait pas faire, c'est à dire la création et la gestion en direct des entreprises".

Sur les rémunérations des patrons aussi, "il n'est ni normal ni souhaitable que l'Etat en décide", a-t-elle jugé, alors que le président américain Barack Obama a annoncé un plafonnement des salaires des dirigeants qui recevraient une aide publique.

C'est "typiquement de la responsabilité du patronat" d'encadrer si nécessaire leurs rémunérations. "Ce n'est pas à l'Etat de le faire", a-t-elle insisté.

Mais les patrons ayant eu une part de responsabilité dans le désastre actuel auraient dû renoncer eux-mêmes à leurs bonus, a-t-elle estimé.

Mi-janvier, le président Nicolas Sarkozy a menacé de légiférer si les recommandations du patronat sur l'encadrement des rémunérations des dirigeants n'étaient pas appliquées "à la fin du premier trimestre".

Pour sortir de la crise, la patronne du Medef a une nouvelle fois appelé à une "baisse des prélèvements obligatoires", réclamant la suppression de la taxe professionnelle et de la taxe sur le chiffre d'affaires.

Soutenant le plan de relance du gouvernement, elle s'est réjouie que cette politique de l'offre -que le Medef était "seul à défendre il y a deux ans"-, se soit "peu à peu imposée dans les consciences".

Nicolas Sarkozy doit justifier jeudi soir à la télévision son plan de relance, critiqué par la gauche pour privilégier les entreprises au détriment des salariés.

Appelant enfin à "un dialogue social fort", Mme Parisot a proposé aux organisations syndicales d'entamer une "délibération sociale" sur une nouvelle modernisation du marché du travail, qui pourrait inclure une réforme du droit de licenciement.

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