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Chômage au plus haut depuis 15 ans aux Etats-Unis, les marchés européens plongent

Vendredi 05 Déc 2008 à 23:00

L'annonce d'une forte hausse du taux de chômage aux Etats-Unis a fait plonger vendredi les marchés européens malgré les baisses de taux d'intérêt annoncées la veille, mais Wall Street, désormais blindée face aux mauvaises nouvelles, a tiré son épingle du jeu.

Le taux de chômage américain a atteint 6,7%, son plus haut niveau depuis 15 ans, selon le département du Travail: plus d'un demi-million de personnes ont perdu leur travail en novembre dans ce pays, ce qui n'était pas arrivé depuis 34 ans. Les économistes tablaient sur 325.000.

Le nombre des chômeurs aux Etats-Unis dépasse désormais les 10 millions. Le ministère en dénombrait 10,3 millions en novembre, soit 2,7 millions de plus qu'au début de l'année.

Depuis le début officiel de la récession aux Etats-Unis, en décembre 2007, le taux de chômage a augmenté de 1,7 point de pourcentage et il faut remonter à octobre 1993 pour retrouver un taux supérieur à 6,7%.

Ces statistiques sont "abominables, tout simplement abominables", commentait à Londres le cabinet Capital Economics.

La Maison Blanche s'est dite "très inquiète", tandis que le président élu Barack Obama appelait à des mesures "urgentes" pour aider les Américains à retrouver un emploi et stimuler l'économie.

Les Bourses européennes ont réagi brutalement à ces chiffres: la Bourse de Paris a plongé de 5,48% à la clôture pour s'établir sous les 3.000 points, Londres a cédé 2,74%, Francfort 4,0% et l'indice européen Eurostoxx 50 4,92%.

En revanche, Wall Street, qui avait fort mal commencé la journée, a terminé en hausse de 3,09%, le Dow Jones s'inscrivant à 8.635,42 points grâce à une reprise inattendue des valeurs financières. Signe que les mauvaises nouvelles sont totalement anticipées par le marché qui ne s'étonne plus de rien, selon un analyste.

Autre signe de dégradation, les crédits à la consommation aux Etats-Unis ont rechuté en octobre, reculant de 1,6% en rythme annuel, après avoir baissé en août et progressé en septembre.

Le marché du pétrole a aussi accusé le coup des chiffres noirs du chômage américain car une baisse sensible de la consommation de brut est redoutée du fait de l'aggravation de la récession.

Les cours du baril de Brent sont tombés vendredi sous 40 dollars à Londres pour la première fois depuis près de quatre ans.

Les cours ont perdu plus de 100 dollars, soit plus des deux tiers de leur valeur, depuis leurs records du 11 juillet à plus de 147 dollars.

Face à la dégradation accélérée de l'activité, les banques centrales du vieux continent avaient pourtant fortement réagi jeudi. Pour la zone euro, la BCE a ainsi abaissé de 0,75 point de pourcentage à 2,50% son principal taux directeur.

Mais cela n'a pas suffi à convaincre les marchés, pas plus que le plan de relance français de 26 milliards d'euros ou encore les 750 millions annoncés par la Suède vendredi.

"Personne ne s'attend à ce que l'économie européenne a atteint son plancher et commence à rebondir grâce à ces baisses de taux", a jugé Kazuhiro Takahashi, analyste chez Daiwa Securities SMBC.

Les investisseurs semblent avoir surtout retenu les commentaires pessimistes du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui prévoit un recul du Produit intérieur brut de 0,5% en 2009 dans la zone euro.

Dans la première économie de la zone, l'Allemagne, en récession depuis le trimestre dernier, les perspectives s'assombrissent de jour en jour. La Bundesbank s'attend à un recul du PIB de 0,8% en 2009 et l'industrie a vu le niveau de ses commandes chuter en octobre, avec une baisse de 6,1%.

Autre souci d'inquiétude, la situation des trois constructeurs automobiles américains, General Motors, Ford et Chrysler.

Les dirigeants des trois groupes, qui espèrent arracher une aide jugée vitale de 34 milliards de dollars du Congrès, ont été à nouveau auditionnés vendredi par le Congrès.

Le président George W. Bush a estimé que les constructeurs devaient apporter la preuve de leur viabilité à long terme pour obtenir une aide publique. L'argent leur sera versé à condition que "ces compagnies fassent les choix difficiles dans tous leurs secteurs d'activités et prouvent que non seulement elles peuvent survivre, mais prospérer", a-t-il dit.

Le Wall Street Journal a rapporté que Chrysler avait déjà recruté un cabinet d'avocats spécialisé dans les faillites.

La crise du secteur automobile n'épargne personne: les ventes de l'allemand BMW se sont effondrées de 25,4% en novembre sur un an. Et Honda, le deuxième constructeur japonais, a annoncé son retrait de la Formule 1, où il était présent depuis les années 1960.

Premières victimes de la crise automobile, les travailleurs intérimaires.

Le grand syndicat allemand des services, Verdi, s'attend à ce que "dans le pire des cas, 120.000 personnes perdent leur travail" dans le secteur de l'intérim. Et au Japon, quelque 21.000 suppressions de postes par des ouvriers sous contrat à durée déterminée ou intérimaires ont été annoncées dans une quarantaine de grandes entreprises.

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