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La Grèce retient son souffle avec le sommet de Bruxelles

Mercredi 26 Oct 2011 à 18:20

La Grèce retenait son souffle mercredi dans l'attente des conclusions du sommet de Bruxelles sur un allègement de son énorme dette, qui pourraient déboucher sur une mise sous tutelle plus étroite du pays, et précipiter une recomposition politique.

La presse grecque évoquait mercredi le "grand marchandage" sur la dette en cours à Bruxelles ou la "bataille acharnée" du pays contre la faillite, les banques créancières se voyant sommées de renoncer à la moitié au moins de la dette qu'elles détiennent.

Mercredi soir, la chancelière allemande Angela Merkel a prévenu qu'il y avait "encore beaucoup de problèmes à régler" avant de parvenir à un accord sur la réponse à la crise de la dette.

Le Premier ministre grec Georges Papandréou devait tenir une téléconférence avec ses ministres restés à Athènes pour les tenir informés de l'avancée des discussions, selon les médias grecs.

A Bruxelles, les négociateurs tentent depuis plusieurs jours de stabiliser la Grèce en allégeant le fardeau de sa dette de plus de 350 milliards d'euros, jugé insoutenable à long terme.

L'objectif est d'essayer d'éviter à Athènes un défaut de paiement désordonné qui risquerait de provoquer un embrasement financier mondial.

Selon le quotidien grec Kathimerini, si les banques acceptent la proposition qui leur est faite, la valeur de quelque 205 milliards d'euros de dette détenue par des investisseurs privés serait divisée par deux, à 102,5 milliards d'euros.

Ainsi pour 100 euros de dette grecque détenue, les investisseurs privés qui l'accepteraient, recevraient 15 euros en numéraire et des obligations de 35 euros à 30 ans portant un coupon de 6%, même si le ratio entre cash et titre n'est pas encore définitif.

L'Institut de la Finance Internationale (IIF) qui mène les négociations pour le compte des banques créancières a indiqué à Washington qu'il avait fait une "nouvelle offre importante" à Athènes pour un "échange de dette sur une base volontaire", mais n'a pas donné de détails.

Ce plan va plus loin que celui accepté le 21 juillet par les banques, qui prévoyait qu'elles renoncent à 21% de leur mise sur les obligations qu'elles détiennent.

Du coup, l'opinion publique grecque s'inquiète de voir une main mise accrue de Bruxelles sur la gestion au quotidien des finances publiques du pays, le projet de budget annuel étant déjà presque entièrement négocié en direct avec l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire International (FMI).

Dimanche, le président français Nicolas Sarkozy a d'ailleurs reconnu que les mesures d'austérité drastiques imposées à la Grèce et à d'autres pays européens en échange d'un soutien financier posaient des "problèmes démocratiques".

"Notre mandat n'est pas de gérer ces pays et pourtant, nous devons leur demander de faire des efforts", a-t-il dit.

"Il n'y aura pas de commissaire européen dans les ministères grecs", a répondu comme en écho le porte-parole du gouvernement grec Ilias Mossialos au quotidien Ta Nea.

Horst Reichenbach, le chef de la nouvelle "task force" européenne chargée d'aider la Grèce à mettre en oeuvre ses réformes structurelles, était sur la même longueur d'onde.

"Nous sommes là pour aider les ministres qui nous le demandent à organiser les réformes, (...) mais nous ne sommes pas là pour cosigner les décisions des ministres" a-t-il dit à la presse mercredi à Athènes.

Sur le plan politique, la préparation d'un effacement de la moitié de la dette privée du pays, s'est traduite par un nouvel appel à l'unité venant du Premier ministre Georges Papandréou.

Mais le principal parti d'opposition (Nouvelle Démocratie, droite) reste sourd à tous ses appels, alors que le gouvernement socialiste pourrait être tenté de chercher une majorité élargie au parlement après un accord à Bruxelles.

Tractations qui font dire au politologue grec Ilias Nikolakopoulos qu'il envisage "difficilement un avenir radieux pour le gouvernement".

Selon lui, M. Papandréou pourrait "essayer de former un gouvernement avec un soutien plus large, qui ne soit pas Pasok uniquement".

"S'il n'y arrive pas, nous aurons des élections qui ne donneront aucune solution durable non plus (...) nous sommes dans une espèce d'impasse", a-t-il dit à l'AFP.

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