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Le patron de la BCE sur le départ plaide une réforme des traités européens

Dimanche 16 Oct 2011 à 23:30

Le président de la BCE Jean-Claude Trichet a appelé dimanche à une réforme des traités européens renforçant l'intégration de la zone euro et permettant de punir ses mauvais élèves, dans un plaidoyer à forte allure de message politique avant son départ à la fin du mois.

A la tête de la Banque centrale européenne depuis huit ans, ancien gouverneur de la Banque de France, M. Trichet cèdera sa place fin octobre à Francfort à l'Italien Mario Draghi.

A une semaine du sommet crucial pour enrayer la crise de la dette, il a assuré ne "pas du tout" croire "que la zone euro soit menacée". "Je crois encore moins que l'euro lui-même en tant que monnaie soit le moins du monde menacé", a-t-il ajouté.

Il a reconnu la nécessité de "traiter le problème qui est le plus urgent, celui de la Grèce", et de prendre les "mesures appropriées" pour renforcer les banques et "protéger" l'économie européenne, mais a aussi voulu aller plus loin.

"Demain, à mon avis, il faut changer le traité pour être capable d'empêcher un membre de la zone euro de vagabonder et de créer des problèmes pour tous les autres", a-t-il déclaré sur la radio française Europe 1 et la chaîne d'information continue i>TELE.

"Il faut être capable de faire cela parce que c'est la leçon de la crise", a-t-il estimé, rappelant qu'outre la Grèce, deux autres pays (Portugal et Irlande) ont appelé au secours leurs partenaires de la zone euro depuis le printemps 2010.

Il a plaidé pour une réforme qui rendrait le Conseil européen "capable d'imposer des décisions" à un pays aux finances publiques en dérapage "sur la base d'une proposition de la Commission, avec des règles appropriées de majorité".

"La leçon de la crise, c'est qu'il faut en effet aller plus loin que les recommandations, éventuellement avec (des) sanctions", a-t-il ajouté, sans détailler plus avant les contours d'un projet politiquement délicat, ne serait-ce que par la lenteur des procédures de négociation et de ratification.

Au delà des mesures d'urgence sur lesquelles elle planche pour endiguer la contagion de la crise grecque, l'Europe, qui avait juré de ne plus revenir sur ses traités après les déboires du traité de Lisbonne, a donné récemment les premiers signes d'un possible revirement vers un nouveau changement de texte.

Les propos de M. Trichet s'inscrivent dans le sillage de ceux d'Angela Merkel, qui a donné le ton début octobre en affirmant que "réviser les traités européens ne doit pas être un tabou".

Dans l'esprit de la chancelière allemande, une modification des traités devrait en effet servir à durcir la discipline budgétaire.

De son côté, le président français Nicolas Sarkozy a fait savoir le 8 octobre que Paris et Berlin proposerait des "modifications importantes" des textes européens. Il s'est dit favorable à une plus grande "intégration" de la zone euro, mais n'a pas spécifié s'il se plaçait sur la même ligne.

La gouvernance et la meilleure intégration de la zone euro sont devenus un casse-tête récurrent au fil des crises, le Pacte de stabilité instauré à sa création ayant été rendu largement inopérant par les écarts des gouvernements qui, France et Allemagne compris, ne se sont jamais privés de le contourner.

Un accord de principe pour le renforcer a été arraché en septembre entre le Parlement européen et la présidence polonaise de l'UE, ouvrant la voie à des sanctions financières plus rapides aux premiers signes de dérapage d'un pays, mais les Etats pourront toujours bloquer la procédure à la majorité simple.

De son côté, Jean-Claude Trichet a appelé dimanche "tous les pays" européens "sans aucune exception" à se montrer "extrêmement vigilants". "Le bon sens consiste à se protéger, à prémunir plutôt que guérir", a-t-il dit, partisan de "surveiller attentivement les politiques budgétaires".

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