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La grogne sociale monte en Grèce avant un nouveau tour de vis budgétaire

Jeudi 22 Sep 2011 à 00:00

La perspective de nouvelles mesures d'austérité pour éviter le défaut de paiement qui menace la Grèce et risque d'ébranler la zone euro a déclenché mercredi une montée des tensions sociales dans le pays, avec un appel des syndicats à une grève générale le 19 octobre.

"Nous allons faire tout ce qu'il faut pour ne pas mettre en danger l'avenir du pays et sa place dans la zone euro", a assuré devant le Parlement le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos qui a négocié lundi et mardi via téléconférence avec les créanciers du pays.

Le gouvernement grec a annoncé qu'il allait procéder à partir du 1er novembre à de nouvelles coupes dans les retraites supérieures à 1.200 euros par mois, instaurer le chômage technique pour 30.000 salariés du secteur public d'ici la fin 2011, et abaisser le seuil minimum d'imposition à 5.000 euros de revenus par an, selon un communiqué diffusé à l'issue d'un conseil des ministres.

La constitution d'une grille de salaires unique dans la fonction publique, une réforme de l'administration fiscale et l'accélération des privatisations pour réduire la dette, ont également été promis.

L'objectif pour la Grèce est de convaincre la Troïka de ses créanciers - Fonds monétaire international (FMI), zone euro et Banque centrale européenne (BCE) - de lui verser une sixième tranche de huit milliards d'euros du prêt consenti en mai 2010, sans laquelle elle risque de se retrouver en cessation de paiement en octobre.

Cette nouvelle cure de rigueur suscite la colère de la population.

Dès mercredi soir, une manifestation anti-austérité a eu lieu dans les rues d'Athènes à l'appel du syndicat communiste Pame. Jeudi, la capitale grecque sera privée de tout type de transport, une situation exceptionnelle. Le secteur public sera en grève le 5 octobre, avant une grève générale de 24 heures prévue le 19 octobre.

Outre Athènes, la banque centrale américaine (Fed) a monopolisé l'attention des investisseurs. Elle a décidé d'augmenter son soutien à la croissance, ce qui n'a pas rassuré les marchés américains, puisque le Dow Jones a fini en forte baisse (-2,49%), comme le Nasdaq (-2,01%).

Les analystes ont retenu le ton très négatif de l'institution, qui a jugé la reprise "lente" et menacée par des "risques importants". Ils se sont aussi montrés sceptiques quant à l'efficacité de ces mesures, qui ne consistent en aucune nouvelle injection de liquidités.

"Je pense qu'on aurait préféré entendre que l'économie s'améliorait et que la Fed ne faisait rien", a commenté Mace Blicksilver, du gestionnaire d'actifs Marblehead Asset Management.

La banque centrale va vendre pour 400 milliards de dollars d'obligations à courte échéance et acquérir des titres à plus long terme, avec pour objectif de faire baisser les taux d'intérêt à long terme pour soutenir l'activité.

Cette annonce a eu un effet spectaculaire sur le marché obligataire, puisque le rendement du bon du Trésor à 10 ans a chuté à 1,856%, du jamais vu. Celui à 30 ans est descendu jusque 3,031%, son plus bas niveau depuis janvier 2009.

La Fed va en outre racheter des titres adossés à des créances immobilières (MBS), afin d'améliorer la conjoncture sur les marchés des prêts immobiliers.

Avant l'annonce de la banque centrale américaine, la plupart des Bourses européennes avaient fini la journée dans le rouge: Paris a perdu 1,62%, Londres 1,40%, Francfort 2,47%, Madrid 1,82% et Milan 1,65%.

De son côté, la Banque centrale européenne a fait un geste de plus pour aider les banques de la zone euro à s'approvisionner en liquidités, annonçant qu'elle allait assouplir à compter du 1er janvier 2012 les conditions dans lesquelles elle leur prête de l'argent.

La BCE a également fait état d'un prêt d'une semaine de 500 millions d'euros à une banque dont le nom n'a pas été divulgué.

Ces annonces n'ont pas apaisé les inquiétudes tenaces pour les banques de la zone euro, encore ravivées par le FMI pour lequel "certaines banques européennes ont urgemment besoin de relever leur niveau de fonds propres".

Le FMI a suggéré d'avoir recours au Fonds européen de stabilité financière (FESF), créé en mai 2010 et qui émet de la dette depuis janvier.

Initialement destiné à lever des liquidités pour les Etats de la zone euro en difficulté, il est prévu depuis le sommet du 21 juillet qu'il puisse à l'avenir aider à la recapitalisation des banques via ses prêts aux gouvernements.

Selon le FMI, la crise de la dette a déjà coûté 200 milliards d'euros aux établissements bancaires de l'UE mais le gouvernement français a réaffirmé mercredi que ses banques, dans le collimateur des marchés, n'avaient pas besoin d'être recapitalisées.

"Aujourd'hui nous faisons tout pour sauver la Grèce", a assuré la ministre française du Budget Valérie Pécresse, écartant vivement un éventuel défaut de paiement d'Athènes. "Ca nous coûterait beaucoup plus cher d'envisager un autre scénario", a-t-elle estimé.

Pour la zone euro, l'enjeu est colossal.

Le sort de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et de l'Irlande, pays aux finances publiques exsangues, est lié à la manière dont sera traitée la Grèce, avancent économistes et analystes.

"La résolution du cas grec est déterminante", assure Cédric Thellier, économiste chez Natixis. "Si on laisse la Grèce livrée à elle-même, on envoie un signal aux investisseurs: quand il y a un problème en zone euro, c'est le défaut".

Les spéculateurs pourraient ensuite "mettre la pression sur d'autres pays comme le Portugal, l'Irlande, l'Espagne, l'Italie", prévient-il. Or un défaut de l'Italie, troisième économie de la zone euro, "signifierait l'éclatement de l'Union monétaire", affirme l'économiste.

Le Portugal a prévenu mardi qu'un défaut de paiement d'Athènes l'obligerait à demander une nouvelle aide financière internationale.

Le Portugal a emprunté mercredi 1,250 milliard d'euros en bons du Trésor à court terme, à des taux élevés, dépassant 5,2% pour la ligne à six mois.

A l'inverse, les taux des obligations allemandes ne cessent de diminuer. La Banque centrale allemande a pour la première fois émis un emprunt à dix ans à un taux inférieur à 2%.

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