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L'Italie adopte définitivement son plan d'austérité

Vendredi 15 Jul 2011 à 20:10

Le Parlement italien a donné vendredi son feu vert définitif à un plan d'austérité renforcé afin d'éviter une contagion de la crise de la dette face à laquelle le président de l'UE a convoqué un sommet extraordinaire de la zone euro pour le 21 juillet.

Après avoir été adopté au pas de charge jeudi par le Sénat, ce plan d'austérité de près de 48 milliards d'euros a été entériné définitivement par la Chambre des députés, une rapidité inédite dans l'histoire de l'Italie qualifiée de "miracle" par le président de la République Giorgio Napolitano qui a aussitôt promulgué la loi.

"L'Italie est plus forte même si les inconnues de la crise économique demeurent et qu'il faut dépasser des points critiques qui empêchent la croissance de l'économie", a déclaré le chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

L'Italie se devait d'accélérer l'adoption de ce plan, qui doit lui permettre de parvenir à un quasi-équilibre budgétaire en 2014 et de réduire sa dette, car une propagation de la crise au pays pourrait mettre à genoux toute la zone euro dont la Péninsule est la troisième économie.

Ce plan suscitait cependant de vives critiques dans le pays.

"Il frappe les plus faibles et les pauvres gens (...), ne fait rien pour la croissance et ne nous met pas à l'abri de la tempête", a lancé le leader du Parti Démocrate (gauche), Pier Luigi Bersani.

Antonio Martino, ancien ministre de la Défense de Silvio Berlusconi, a dénoncé de son côté une "cochonnerie" tandis que la "patronne des patrons" Emma Marcegaglia a critiqué un plan "fondé en substance sur une hausse des impôts" et ne taillant pas assez dans les privilèges de la classe politique.

L'Italie est prise pour cible par les marchés en raison de son énorme dette publique de 1.900 milliards d'euros, représentant environ 120% du PIB, ce qui fait dangereusement grimper le coût de l'emprunt pour le pays.

Malgré l'adoption de ce plan, la tension demeurait sur les marchés et les taux italiens progressaient en fin de journée. La Banque d'Italie a estimé qu'une poursuite de la crise entraînerait des "coûts considérables" pour le pays.

Parmi les mesures destinées à réduire le déficit figurent l'introduction d'un ticket modérateur, le gel des salaires et des embauches des fonctionnaires, une sévère réduction des déductions fiscales et des dotations des collectivités locales, ainsi que des conditions plus sévères pour les retraites.

"La très grosse dette publique reste le point le plus vulnérable de l'économie italienne, particulièrement dans ce climat de forte incertitude et de crainte des marchés", a souligné dans une interview à La Repubblica le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Après les tergiversations de ces derniers jours, le président de l'Union Européenne Herman Van Rompuy a annoncé vendredi la convocation d'un sommet extraordinaire des dirigeants de la zone euro le 21 juillet à Bruxelles afin de boucler un nouveau plan d'aide à la Grèce et d'essayer de stopper la contagion de la crise.

Le fait que le président de l'UE fixe une date pour la réunion signifie que les pays de la zone euro sont proches d'un accord.

Signe de la montée en puissance des négociations, la réunion entamée jeudi à Rome entre les créanciers privés de la Grèce et des responsables européens pour tenter d'avancer sur l'épineuse question de la participation du secteur privé au plan d'aide à Athènes s'est poursuivie vendredi.

Dans ce climat de grande nervosité sur les marchés, l'Autorité bancaire européenne (EBA) a annoncé à Londres que huit banques européennes, cinq espagnoles, deux grecques et une autrichienne, avaient échoué aux tests de résistance imposés à 91 banques du continent pour éprouver leur solidité en cas de choc économique.

Les cinq banques italiennes qui participaient ont réussi et la Banque d'Italie a assuré que "même une forte aggravation du risque souverain n'attaquerait pas la solidité" des banques du pays.

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