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La possibilité que le TGV Sud-Ouest soit supplanté cause un vif émoi

Vendredi 06 Mai 2011 à 12:11

Les récents propos du préfet de Midi-Pyrénées selon lesquels le gouvernement pourrait, le cas échéant, faire passer d'autres projets de ligne à grande vitesse avant celui du Sud-Ouest ont suscité un vif émoi chez les politiques de la région.

Martin Malvy, Pierre Izard et Pierre Cohen, chefs de file de la gauche ultra-dominante en Midi-Pyrénées, ont dit voir dans ses propos une menace inacceptable.

Les mots du préfet Henri-Michel Comet, tout juste installé, ont aussi suscité de vives réactions de la part des deux figures de Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet (PRG) et Brigitte Barèges (UMP).

Le gouvernement pourrait accorder la priorité à d'autres projets de ligne à grande vitesse que celui du Sud-Ouest si le financement nécessaire pour Tours-Bordeaux, premier barreau de la ligne, n'est pas réuni, a dit M. Comet mercredi. Le préfet a signifié qu'il ne faisait que rappeler les interrogations du gouvernement sur le financement de Tours-Bordeaux et s'est défendu d'avancer là une "nouvelle information".

Mais ses déclarations sont mal passées à un moment où la répugnance, voire le refus de certaines collectivités de payer pour Tours-Bordeaux fait peser l'incertitude sur la réalisation du projet.

Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, Pierre Izard, président du conseil général de la Haute-Garonne et Pierre Cohen, maire de Toulouse (tous PS), disent "comprendre" que le gouvernement fasse pression sur les collectivités récalcitrantes.

Les leurs ont voté l'engagement financier demandé parce que ce serait une "faute lourde" que de laisser la quatrième ville de France et sa région à l'écart du réseau à grande vitesse, disent-ils dans un communiqué diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Que le gouvernement menace, par contre, de reporter à plus tard le lancement du projet n'est pas acceptable puisqu'il aurait dû assumer seul la charge de son financement", ajoutent-ils.

Jean-Michel Baylet, président du conseil général de Tarn-et-Garonne qui décline toute contribution financière à cause du tracé de la ligne, s'est étonné que MM. Malvy, Izard et Cohen ne condamnent pas les pressions qui s'exerceraient sur les collectivités rétives.

Mme Barèges, députée-maire UMP de Montauban et adversaire de M. Baylet, juge "prévisible" l'attitude du gouvernement, qui "ne peut pas se permettre de faire passer en priorité la ligne Sud-Ouest si le comportement irresponsable de barons locaux lui fait perdre des années en discussions stériles".

La future LGV mettrait Bordeaux à un peu plus de deux heures de Paris (soit un gain de 50 minutes), peut-être en 2017. La ligne serait prolongée ultérieurement de trois branches distinctes: vers Toulouse et le Pays basque espagnol à partir de Bordeaux, vers Limoges à partir de Poitiers.

C'est à ce titre que les collectivités de cinq régions sont appelées, dans le cadre d'un partenariat public-privé, à participer au financement de Tours-Bordeaux, un projet chiffré à 6,7 milliards en euros constants 2009.

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