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L'économie de la Grèce va se dégrader plus longtemps que prévu, selon le FMI

Mercredi 16 Mar 2011 à 21:20

L'économie de la Grèce va se dégrader plus longtemps que prévu, a estimé mercredi le Fonds monétaire international, indiquant que le pays devrait toucher le fond au second semestre et qu'elle restait pénalisée par un euro très nettement surévalué pour elle.

"L'économie devrait toucher le fond au second semestre de 2011", a indiqué le Fonds dans un rapport d'étape sur son prêt à la Grèce. Dans son rapport précédent, publié en décembre, le FMI situait ce moment au "premier semestre de 2011".

Le FMI a laissé inchangée sa prévision pour l'ensemble de l'année: il table toujours sur un recul de 3% du produit intérieur brut, une projection qui selon lui "reste tout à fait à la portée" de la Grèce.

Le PIB s'était contracté de 4,5% en 2010. Au fil de l'année, le rythme de la récession ne s'est atténué que modestement: après avoir chuté de 1,9% au premier trimestre 2010, le PIB a encore perdu 1,4% au quatrième trimestre.

Le Fonds avait débloqué lundi une quatrième tranche de son prêt au pays, pour un montant de 4,1 milliards d'euros, portant les sommes versées à 14,6 milliards d'euros sur un total prévu de quelque 30 milliards.

D'après ses économistes, la Grèce est toujours dans un environnement très difficile. Ils ont relevé la "surévaluation considérable" de l'euro, du point de vue de ce pays, qui est comprise entre 20 et 34% selon leurs calculs.

Dans le rapport publié au moment où la Grèce avait obtenu l'aide du FMI et de ses partenaires européens, en mai, les mêmes économistes estimaient la surévaluation de l'euro à 20 ou 30%.

Selon le FMI, la dette de la Grèce "reste viable" avec les financements du FMI et de l'Union européenne, mais devrait atteindre 153% du PIB cette année, puis un pic à 159% en 2012. Le FMI imagine aussi l'hypothèse, moins probable selon lui, d'une crise bancaire en Grèce, où la dette bondirait à 200% du PIB.

Le taux de chômage, à 14,8% en décembre, devrait rester à ce niveau en 2011, puis grimper à 15% en 2012.

Malgré tous ces problèmes, l'institution de Washington s'est félicitée que la Grèce ait atteint pour le moment "ses objectifs de stabilisation extraordinairement ambitieux". "Quelle que soit la comparaison internationale, ce qu'a accompli le gouvernement l'an dernier est très impressionnant", a-t-il souligné.

L'effort n'est pas fini. "Le gouvernement devra montrer de la détermination face à ce qui sera indubitablement une forte résistance des intérêts particuliers", ont prévenu les fonctionnaires du Fonds, en référence aux grèves et manifestations que connaît régulièrement la Grèce depuis un an.

Ils ont appelé le fisc à être plus ferme contre la fraude fiscale. Selon eux, l'analyse des raisons pour lesquelles la Grèce n'atteint pas ses objectifs de réduction du déficit budgétaire "montre que les problèmes proviennent peut-être de l'efficacité des impôts et des effets d'une répression insuffisante".

Dans un documentaire diffusé dimanche à la télévision française, le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn avait estimé que c'était "un sport national de ne pas payer d'impôts en Grèce".

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