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A Davos, la zone euro plus que jamais tiraillée sur la question de la dette

Vendredi 28 Jan 2011 à 18:50

La zone euro a de nouveau agité les esprits à Davos, où elle est apparue plus que jamais divisée sur les moyen d'en finir une fois pour toutes avec la crise de la dette en Europe.

La zone euro doit-elle trouver son salut dans une plus forte intégration européenne, qui passerait par davantage de transferts de richesses des pays les plus riches vers les plus pauvres ? Ou bien doit-elle s'orienter vers une restructuration des dettes, à commencer par celles de la Grèce?

C'est en substance le dilemme présenté par un haut-responsable de la zone euro à un parterre de ministres européens, d'autres dirigeants et de chefs d'entreprise réunis pour un déjeuner informel lors de la grand messe de Davos.

Entre ces deux options, l'Europe hésite. Pourtant, en dépit de l'accalmie relative sur les marchés, "le temps presse", selon certains dirigeants européens s'exprimant sous couvert de l'anonymat, comme c'est la règle lors de la plupart des débats organisés à Davos.

La première option, défendue par les pays dits périphériques qui y ont intérêt, comme la Grèce, le Portugal ou l'Espagne, est clairement rejetée par l'Allemagne, principal bailleur de fonds de l'Europe.

Celle-ci prône le respect des règles et conditionne son aide à des mesures drastiques d'assainissement budgétaire.

Vendredi à Davos, la chancelière allemande Angela Merkel a averti que l'endettement des Etats constituait la "plus grosse menace" pour la prospérité de l'Europe.

De l'autre côté, une restructuration de la dette est défendue par nombre d'économistes, qui estiment que certains pays de la zone euro, à commencer par la Grèce, n'auront pas d'autre choix en raison de leur endettement massif.

Le sujet reste tabou en Europe et toutes les rumeurs ou informations de presse évoquant cette éventualité, y compris en Allemagne, sont immédiatement démenties.

"Cela provoquerait un "traumatisme épouvantable", a jugé vendredi un haut responsable européen. Cette option a de nouveau été rejetée jeudi par le Premier ministre grec Georges Papandreou.

"Nous ne sommes pas en train de nous diriger vers une restructuration. Nous avons un chemin très clair, une feuille de route pour sortir de notre problème de dette", a déclaré M. Papandreou devant un parterre de décideurs venus du monde entier à l'occasion du 41e Forum économique mondial (Wef).

La Grèce, a rappelé son Premier ministre, a fait ce qui était nécessaire, et elle compte désormais sur la solidarité de ses partenaires. "Il ne s'agit pas seulement de la Grèce, même pas de solidarité, cela concerne les conditions pour la stabilité" en Europe, a fait valoir sur ce sujet un haut responsable européen.

La solidarité s'organise pourtant autour du Fonds européen de stabilisation financière, créé au printemps dernier, et qui doit être pérennisé en 2013. Mais là encore, les avis divergent. Certains responsables européens recommandent en privé son doublement, invoquant la nécessité de disposer de "liquidités, massivement au-delà de ce qui est nécessaire" pour calmer les marchés.

Il est doté aujourd'hui de 440 milliards d'euros de garanties de prêts, soit une capacité de prêts d'environ 250 milliards. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a confirmé vendredi dans un entretien au Wall Street Journal que cette capacité de prêt serait augmentée, mais pas le montant total. Une décision est attendue en mars, à l'occasion d'un sommet européen.

En attendant, les Européens discutent aussi de la possiblité d'un rachat de dette par des pays comme la Grèce grâce à une aide consentie par le FESF, comme l'ont confirmé vendredi la Commission européenne et la ministre française de l'Economie Christine Lagarde. Cela permettrait à ces pays en difficulté d'alléger le poids de leur dette, une forme de restructuration qui ne dirait pas son nom.

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