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La diplomatie américaine a donné des coups de main à Boeing, selon WikiLeaks

Lundi 03 Jan 2011 à 10:10

Des diplomates américains sont intervenus à plusieurs reprises pour favoriser la vente d'avions Boeing face au rival européen Airbus, révèlent des télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks et publiés par le New York Times lundi.

Des câbles cités par le Times décrivent ainsi une lutte acharnée entre l'administration Bush et le président français Nicolas Sarkozy pour remporter un contrat avec Bahrein en 2007.

Au final, la diplomatie américaine a convaincu les autorités de cet émirat d'acheter Boeing en liant le contrat avec une visite de George W. Bush, qui a eu lieu en janvier 2008, la première à Bahrein d'un président américain en exercice.

"C'est la réalité de ce 21e siècle, les gouvernements interviennent de plus en plus pour soutenir leurs entreprises et nous devons faire la même chose", a déclaré au journal Robert Hormats, sous-secrétaire d'Etat pour les affaires économiques.

Un autre câble relate également l'intervention du département d'Etat américain pour que Boeing accède à la demande du roi d'Arabie Saoudite Abdullah d'avoir sur son avion la même technologie que l'avion présidentiel Air Force One.

Interrogé par le New York Times, le département d'Etat a confirmé être intervenu pour "autoriser" cet aménagement dont dépendait la signature d'un gros contrat.

Le câble décrit comment le roi d'Arabie Saoudite était favorable à l'achat en 2006 de 43 Boeing pour la compagnie aérienne saoudienne et de 13 autres pour la flotte royale, mais qu'il voulait en échange "toute la technologie dont son ami, le président Bush, disposait sur Air Force One".

En novembre 2010 (bien 2010), la compagnie publique saoudienne a dit avoir signé un contrat pour 12 Boeing 777-300ER pour un montant de 3,3 milliards de dollars.

Un autre câble révèle que le Premier ministre du Bangladesh Sheikh Hasina a exigé un droit d'atterrissage pour la compagnie nationale à l'aéroport JF Kennedy à New York en échange de l'achat de Boeings.

"S'il n'y a pas de route new yorkaise, pourquoi acheter Boeing", aurait-elle dit, selon une note diplomatique datant de novembre 2009. Le contrat a été passé sans que la Biman Bangladesh Airlines n'ait obtenu de droit spécifique à Kennedy, précise cependant le journal.

Le New York Times souligne que ces pratiques se sont poursuivies malgré des décennies d'accords tacites selon lesquels les dirigeants européens et américains doivent s'abstenir de se mêler des contrats aériens.

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