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Crise de la dette: l'Italie menacée à son tour par les craintes de contagion

Mardi 30 Nov 2010 à 13:05

Alors que l'aide à l'Irlande n'a pas rassuré les marchés, l'Italie, qui croule sous une énorme dette et est empêtrée dans une crise politique qui pourrait faire chuter Silvio Berlusconi, fait à son tour les frais des craintes de contagion de la crise de la dette.

"La bonne nouvelle est que l'Italie, troisième économie de la zone euro, n'est pas comme la Grèce ou l'Irlande. La mauvaise nouvelle est que l'Italie est comme le Portugal" qui "croît si lentement" que ses recettes fiscales pourraient ne plus couvrir ses besoins de financement, écrivait lundi Irwin Stelzer, économiste au Hudson Institute, dans le Wall Street Journal.

Et "la pire nouvelle" est que l'économie italienne est plus grande que celle de l'Espagne, pays "considéré comme trop gros pour faire faillite" mais que la zone euro n'aurait de toute façon pas les moyens de sauver, ajoutait-il, concluant que la Péninsule devrait être "le prochain" pays pris pour cible par les marchés.

Une analyse qui s'est vérifiée rapidement.

Alors que la Péninsule avait été épargnée jusqu'à présent contrairement au Portugal et à l'Espagne, elle est désormais prise dans la tourmente, l'aide à l'Irlande n'ayant pas réussi à rassurer les marchés qui craignent une contagion à d'autres pays fragiles de la zone euro.

Le Trésor italien a réussi à lever lundi près de 7 milliards d'euros mais les taux ont bondi. Mardi, ils poursuivaient leur envolée et leur écart avec le Bund allemand, référence en zone euro, atteignait un record historique.

La Bourse de Milan, qui a chuté de 2,67% lundi, cédait 0,23% mardi vers 11H45 GMT.

Silvio Berlusconi, armé d'un optimisme à toute épreuve, a appelé lundi soir à "la confiance" pour sortir de la crise, assurant n'avoir "jamais vu un pessimiste faire quelque chose de bien". Mais son bras droit Gianni Letta a en revanche exprimé mardi sa "forte préoccupation" face aux "turbulences" sur les marchés.

"Objectivement, sur la base des fondamentaux de l'Italie, la réaction semble excessive, mais le marché est en panique, ce qui pourrait vouloir dire que la crise de confiance en l'euro est entrée dans une phase plus dangereuse" pouvant obliger la BCE à intervenir, analyse pour l'AFP Marco Valli, chef économiste pour la zone euro d'UniCredit.

Le marché ne croit pas cependant, selon lui, à la nécessité pour l'Italie d'avoir recours comme la Grèce ou l'Irlande à un plan d'aide, étant donné le poids de son économie et de sa dette.

L'Italie croule en effet sous une des dettes publiques les plus élevées du monde, représentant près de 120% de son PIB.

Malgré cette dette, Rome avait réussi jusqu'à présent à rassurer les marchés en limitant la progression de son déficit public et en adoptant en juillet une cure d'austérité devant lui permettre de ramener ce déficit à 2,7% en 2012.

Lundi, Bruxelles s'est toutefois montré plus pessimiste en tablant sur un déficit de 3,5% en 2012, le commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn n'excluant donc pas la nécessité pour Rome de prendre des mesures supplémentaires afin d'atteindre ses objectifs.

L'Italie pâtit par ailleurs de la bataille entre Silvio Berlusconi et le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, qui pourrait entraîner la chute du Cavaliere lors d'un vote crucial au Parlement le 14 décembre.

Ce qui inquiète le marché car "le risque serait d'entrer dans une période d'incertitude sans leadership clair, ce qui serait dommageable pour la croissance", qui est déjà structurellement faible, souligne Gianluca Spina, directeur du MIP, l'école de commerce de l'Université Politecnico de Milan.

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