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La Chine de peu 2e économie mondiale devant le Japon au 2e trimestre

Lundi 16 Aoû 2010 à 18:20

Le produit intérieur brut de la Chine a dépassé celui du Japon durant les mois d'avril à juin, a reconnu lundi le gouvernement japonais, mais malgré un net ralentissement l'archipel est quand même resté la deuxième puissance économique mondiale sur l'ensemble du premier semestre.

Le PIB chinois au deuxième trimestre s'est établi à 1.336,9 milliards de dollars, devenant le n°2 mondial après les Etats-Unis, tandis que celui du Japon était de 1.288,3 milliards de dollars, selon les chiffres officiels annoncés lundi.

Toutefois, sur les six premiers mois de l'année, l'activité japonaise est restée supérieure, avec 2.578 milliards de dollars contre 2.532 milliards en Chine.

Au deuxième trimestre, l'économie japonaise a pâti de la mollesse de la demande intérieure. En termes réels, le PIB japonais a progressé de seulement 0,1% sur au 2ème trimestre par rapport au précédent (0,4% en rythme annualisé), alors que les analystes espéraient 0,6% (2,4% en annualisé).

Ces chiffres, qui montrent un net ralentissement de la croissance japonaise, comparée à celle observée les deux trimestres précédents, ont profondément déçu, d'autant que le gouvernement a également révisé à la baisse ceux des mois de janvier à mars.

Ce qui a entraîné une baisse de l'indice nikkei de la Bourse de Tokyo, qui a perdu 0,61% lundi en fin de séance, affichant un recul de 56,79 points pour s'établir à 9.196,67 points.

La faiblesse de la croissance japonaise a aussi ravivé les craintes sur la vigueur de la reprise mondiale et, paradoxalement, profité au yen, valeur refuge, qui affichait 85,9 yens pour un dollar lundi. Un niveau très élevé du yen qui handicape de plus en plus les exportateurs nippons.

Sur la croissance, "hormis sur le volet des achats d'équipements des entreprises privées et des exportations, dans l'ensemble, les données sont mauvaises", a commenté un analyste de Daiwa Securities.

"Il est clair désormais que le Japon n'est pas encore entré dans une phase de redémarrage intérieur conforme au scénario imaginé par la Banque du Japon", a-t-il ajouté.

"Les effets des mesures de relance s'atténuent: ceux qui voulaient profiter des subventions accordées pour renouveler leur voiture ou leur téléviseur l'ont déjà fait", a renchéri Yoshiki Shinke, économiste de Dai-Ichi Life Research Institute.

"Sans une amélioration sur le volet salarial, ces dispositifs deviennent inopérants", a-t-il jugé.

"Il n'est pas indispensable de s'agiter dans l'immédiat" pour lancer de nouvelles mesures de stimulation de la demande intérieure, a pour sa part déclaré le ministre délégué à l'économie, Satoshi Arai, préférant attendre l'ajustement des chiffres préliminaires de lundi.

Ces données confirment néanmoins que les consommateurs nippons manquent d'entrain et que l'activité industrielle est d'abord tirée par les exportations.

En butte à un environnement hyper-concurrentiel, les entreprises minimisent leurs dépenses et la masse salariale, afin d'attirer le chaland avec des prix bas. Ce faisant, elles amplifient le phénomène déflationniste, un des facteurs des modestes performances économiques du Japon.

L'archipel, résigné, s'attend dès lors à ce que la dynamique Chine, son principal client, lui ravisse durablement la place de deuxième puissance économique du monde cette année ou la prochaine.

Dépassé d'un point de vue purement statistique, le Japon conservera néanmoins encore quelques années une avance en termes plus concrets de conditions et niveau de vie moyens, de déploiement des infrastructures, d'éducation généralisée, de prestations sociales et autres critères tangibles.

Cependant, confrontés au vieillissement et à la diminution de la population, ainsi qu'à un élargissement des inégalités sociales après 20 ans d'instabilité économique, les Japonais, extrêmement anxieux, s'interrogent sur les moyens de vivifier l'activité économique, malgré la baisse du nombre d'actifs.

L'équation est d'autant plus difficile que le pays est surendetté et qu'il risque de voir son tissu industriel s'effilocher, les entreprises japonaises, tributaires de la capricieuse demande extérieure et malmenées par la cherté de la devise japonaise, implantant plus de sites à l'étranger, au détriment de l'économie intérieure.

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