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Les SEL, des échanges pour créer du lien social et faire face à la crise

Samedi 14 Aoû 2010 à 10:30

Les Systèmes d'échanges locaux (SEL), qui se réunissent à partir de lundi à Jambville (Yvelines) pour leur 13e rencontre annuelle, apparaissent pour leurs membres, appelés "selistes", comme un vecteur de lien social et un outil anti-crise.

"Le SEL, c'est plus large que le troc, les personnes apportent ce qu'elles ont à apporter aux autres, cela peut être des vêtements mais aussi des savoirs comme des cours de yoga ou de poésie", explique Claudine Maigre, 60 ans, cadre en gestion immobilière à la retraite et animatrice du SEL de Paris.

Apparus en France en 1994, les SEL permettent des échanges de services, d'objets ou de connaissances au sein d'un groupe d'adhérents ou "selistes". Les échanges sont mesurés par une monnaie locale - appelée grain, truffe, piaf, etc. -, qui fait référence le plus souvent au temps passé - une minute équivaut à une unité -.

Ce système, inspiré du troc, est né au Canada dans les années 1980, en période de crise, avant de se propager dans le monde.

Selon les organisateurs de la rencontre Inter-SEL, qui se tiendra du 16 au 22 août, il existe plus de 400 structures de ce type en France, regroupant plus de 30.000 personnes.

Le SEL, qui réunit toutes les catégories sociales, permet, selon Mme Maigre, de rompre l'isolement pour les personnes âgées ou les chômeurs, de faire des économies pour les étudiants et les retraités et de bénéficier de services pour ceux qui travaillent.

Elle souligne également que les SEL ont "beaucoup servi durant la crise économique en Argentine".

Cette sexagénaire au chignon soigné organise ce jour-là une rencontre entre un artiste d'origine roumaine, barbe blanche et costume crème, qui compte écrire un livre mais manque d'aisance en français, et une autre seliste, Marie-Louise Thomas, 63 ans, passionnée de poésie, qui pourrait l'aider dans son travail d'écriture.

Mme Thomas, qui participe également à un Réseau d'échange réciproque des savoirs (RERS) permettant d'échanger des connaissances gratuitement, a fait par l'intermédiaire du SEL des plats cuisinés, aidé un étudiant à écrire une thèse et trouvé pour sa part des vêtements.

"Cela permet de créer du lien social pour des personnes isolées", insiste la retraitée.

Puis arrive chez Mme Maigre, Isabelle Gurchonovitch, une dynamique quadragénaire au rire communicatif. Elle vient chercher un K-way et un pantacourt, le tout pour 120 "piafs", la "monnaie" utilisée par les selistes parisiens.

"J'ai refait toute ma garde-robe chez Claudine !", lance la jeune femme, qui alimente son compte en piafs grâce à des travaux informatiques.

"Je suis au RSA, je n'ai pas beaucoup d'argent et le SEL m'a par exemple permis de faire une séance de massage ayurvédique et une séance d'hypnose, qui ne seraient pas accessibles pour moi si je devais les payer en euros", dit-elle.

Mais les débuts au SEL n'ont pas été faciles pour Mme Gurchonovitch, qui a "eu du mal à trouver ce qui (lui) convenait". "J'ai gardé des chats mais ça ne s'est pas toujours bien passé", raconte la seliste.

Mme Gurchonovitch part aussi en vacances grâce à la "Route des SEL", qui propose des hébergements en France et à l'étranger entre selistes.

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