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Strauss-Kahn minimise le débat croissance ou réduction des déficits

Lundi 28 Jun 2010 à 03:45

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a minimisé dimanche à Toronto (Canada) le débat qui aurait eu lieu au sein du G20, entre croissance et réduction des déficits budgétaires, estimant qu'il avait peu d'intérêt.

"Le débat, pour nous, est vraiment faussé. En fait les choses sont beaucoup plus simples que d'avoir un débat: la situation, la position budgétaire diffèrent d'un pays à l'autre", a déclaré M. Strauss-Kahn lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet de ce groupe de pays riches et émergents.

"La question n'est pas: consolidation budgétaire ou croissance. C'est: consolidation budgétaire et croissance", a-t-il poursuivi. "La réalité est que personne ne peut échapper à la nécessité de mettre en oeuvre le type de politique qui stimule la croissance. Certains, en plus de cela, doivent prendre soin de leur situation budgétaire", a souligné le dirigeant de l'institution multilatérale.

Interrogé sur les propos du président des Etats-Unis, Barack Obama, qui a estimé que "les Américains ne peuvent pas payer et ne paieront pas pour assurer la prospérité du monde", M. Strauss-Kahn a également relativisé ce point de vue. "Les Américains ont un peu le sentiment qu'ils tirent la croissance mondiale, mais ce n'est pas tout à fait vrai, ce sont les Asiatiques", a-t-il souligné.

"Là où je comprends Obama, c'est que 1% de croissance dans la zone euro ça nous plombe tous", a dit M. Strauss-Kahn. Mais il a estimé que "la vraie question" était de savoir "pourquoi" la croissance entre régions du monde était aussi déséquilibrée. Interrogé sur la taxe bancaire, M. Strauss-Kahn a considéré qu'il n'y avait "pas vraiment un recul" par rapport au sommet de Pittsburgh (Etats-Unis) en septembre, à l'issue duquel le FMI avait été chargé de faire des propositions en vue d'une telle taxe.

A Toronto, le G20 a laissé à chaque pays la possibilité d'avoir une taxation spécifique au secteur bancaire, ou "une approche différente" pour que les Etats ne supportent pas le coût des crises financières.

M. Strauss-Kahn s'est félicité que des taxes soient prévues dans les pays qui abritent "la première place financière au monde" et "la deuxième" (les Etats-Unis et le Royaume-Uni) ainsi qu'en France et en Allemagne, les deux plus grandes économies de la zone euro qui est d'après lui "la quatrième place financière" au monde.

"Certains pays n'en veulent pas (...), ce qui est un peu naïf", a-t-il cependant relevé. "Je trouve ça un peu risqué. Le fait que les banques de ces pays aient été peu touchées par cette crise-là parce qu'elles n'ont pas investi dans le subprime ne signifie pas qu'elles sont immunisées jusqu'à la fin des temps", a critiqué M. Strauss-Kahn.

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