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Gouvernance économique de la zone euro: Barroso et Cameron critiquent implicitement la France

Jeudi 17 Jun 2010 à 09:53

Le Premier ministre britannique et le président de la Commission européenne ont critiqué implicitement jeudi la proposition française de créer un gouvernement économique de la zone euro, estimant que l'Europe n'avait nullement besoin de "nouvelles institutions".

"Les citoyens européens sont intéressés par la substance" des politiques à mener, "pas par de nouvelles institutions ou nouveaux processus" de décision dans l'UE, a déclaré le président de l'exécutif européen, José Manuel Barroso, après avoir reçu David Cameron à Bruxelles avant un sommet de l'UE.

M. Cameron, qui participe à son tout premier sommet européen depuis son arrivée au pouvoir, a applaudi des deux mains.

"Je bois du petit lait" en entendant ces propos, a commenté le chef du gouvernement conservateur britannique. "Nous devrions nous concentrer en effet sur la substance et pas sur de nouvelles institutions" européennes, a-t-il dit à la presse.

La France a milité ces derniers temps pour doter la zone euro d'un gouvernement économique qui lui soit propre propre, avec président et secrétariat en appui, avant que le président Nicolas Sarkozy ne renonce lundi face à l'opposition notamment de l'Allemagne.

Berlin redoute de créer une Europe à deux vitesses en agissant de la sorte et insiste pour que ce gouvernement économique, qui doit aider à coordonner les politiques nationales au niveau des dirigeants, englobe les 27 pays de l'Union européenne. Il a simplement été décidé de continuer à organiser, si nécessaire, des réunions des dirigeants de la zone euro en parallèle.

Mais l'idée même d'un gouvernement européen, qui sonne comme une autorité supranationale, ne fait pas consensus.

La présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité, a estimé à son arrivée à Bruxelles qu'il fallait parler "de gouvernance économique et non de gouvernement économique, cela fait une énorme différence".

La question du pilotage économique de l'Europe doit être au centre du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE qui s'ouvre à 10H00 (08H00 GMT) à Bruxelles.

M. Cameron a par ailleurs rendu un hommage embarrassant à M. Barroso à Bruxelles.

Il a salué la volonté de "dérégulation" de l'économie et des marchés de l'ex-Premier ministre portugais depuis sa nomination à la tête de la Commission en 2004, alors que M. Barroso tente au contraire depuis que la crise financière a éclaté il y deux ans de se présenter comme l'homme de la régulation financière.

"J'ai beaucoup apprécié son action au cours des cinq années écoulées, son soutien à la subsidiarité (dans l'UE) et à la dérégulation", a-t-il dit à propos de M. Barroso.

M. Cameron a prévenu que son pays comptait "défendre ses intérêts nationaux" en Europe, "comme les autres Etats" de l'UE. Il a plaidé pour la réduction des déficits en Europe, des réformes structurelles et la relance des négociations commerciales à l'OMC.

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