Aide à la Grèce: l'Europe veut aller vite mais Berlin tergiverse | Bourse Reflex
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Aide à la Grèce: l'Europe veut aller vite mais Berlin tergiverse

Vendredi 23 Avr 2010 à 16:59

L'Europe semble décidée à lancer rapidement le programme d'aide à la Grèce sans précédent dans l'histoire de la zone euro, par solidarité et surtout pour éviter une contagion à d'autres pays, mais la chancelière allemande pose ses conditions.

"Tout ça va se passer d'une façon rapide et efficace", a assuré le porte-parole de la Commission européenne pour les affaires économiques, Amadeu Altafaj.

"Nous ne prévoyons aucun obstacle", a-t-il affirmé après que la Grèce eut demandé officiellement l'activation du plan conjoint de la zone euro et du FMI, qui s'est lui aussi dit "prêt à agir rapidement".

Mais l'Allemagne, longtemps braquée contre cette aide dont elle sera le premier contributeur devant la France, continue de traîner des pieds.

La chancelière Angela Merkel a prévenu que le plan serait activé seulement si "la stabilité de la zone euro dans son ensemble" était menacée - ce qui selon les experts ne sera pas aisé à démontrer - et réclamé d'Athènes un "programme d'économies crédible".

Pour elle, il n'est "pas possible aujourd'hui de livrer des informations sur la nature ou le montant de l'aide".

Celui évoqué jusqu'ici, quelque 45 milliards d'euros pour la première année dont 30 milliards par des prêts bilatéraux des autres pays de la zone euro, est sans précédent en Europe.

Au plus fort de la crise financière en 2008-2009, d'autres pays de l'UE avaient bien eu recours à l'aide internationale. Mais les deux plus gros bénéficiaires, la Hongrie et la Roumanie, s'étaient vu promettre chacune seulement 20 milliards d'euros répartis sur plusieurs années.

Surtout, c'est la première fois que la zone euro doit voler au secours de l'un des siens, même si c'est contrainte et forcée.

Le président de la Banque centrale allemande, Axel Weber, a lui mis en avant vendredi "le risque de contagion" qui a augmenté ces dernières semaines, soulignant que "de trop nombreux pays ont toujours des déficits publics trop élevés".

L'Irlande a ainsi affiché l'an dernier un déficit supérieur à la Grèce. L'Espagne, le Portugal et l'Italie sont aussi dans le collimateur des marchés.

Pour la plupart des Européens, la Grèce n'a plus le choix.

Au lendemain d'une nouvelle flambée des taux des obligations grecques à 10 ans à un record de plus de 8,8% à la suite d'une nouvelle révision en hausse du déficit public du pays, "la situation était devenue trop risquée. Il n'y avait pas d'autre moyen de calmer les marchés", a estimé un diplomate européen.

Dans ce contexte, "la décision du gouvernement grec a le mérite d'indiquer que le processus est lancé, ce que manifestement le marché attendait dans l'inquiétude et dans l'incertitude", a déclaré la ministre française des Finances, Christine Lagarde.

L'Espagne, qui assure actuellement la présidence de l'UE, a aussi souligné l'importance de répondre aux "fortes préoccupations" des marchés.

Le message semble avoir été entendu, avec un recul des taux des obligations d'Etat grecques vendredi, mais ce répit pourrait dépendre de la vitesse de déblocage de l'argent.

Plusieurs sources, grecques et européennes, estimaient vendredi que cela prendrait "quelques jours".

La Commission européenne doit d'abord, en coordination avec la Banque centrale européenne, "émettre un avis sur la nécessité" d'activer l'aide. Puis celle-ci devra être validée par tous les pays de la zone euro.

Certains Parlements européens auront aussi leur mot à dire. Mais "tout le monde n'est pas obligé d'apporter de l'argent en même temps", note une source européenne.

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