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Restauration: négociations salariales difficiles, et animées côté patronal

Lundi 30 Nov 2009 à 20:15

Les difficiles négociations salariales dans la restauration n'avaient pas abouti lundi en début de soirée, achoppant sur la question d'une prime pour les salariés, alors que la première organisation patronale, l'Umih, ne cachait pas ses divisions.

Le gouvernement a fixé ce lundi comme date-butoir pour parvenir à un accord sur les salaires en contrepartie de la baisse de la TVA à 5,5% obtenue depuis le 1er juillet, alors que l'autre engagement phare des restaurateurs, sur les baisses de prix, peine à être appliqué.

C'était sans compter le coup de force de l'ancien président de l'Umih, André Daguin, au congrès de son organisation la semaine dernière, où il affirme s'être fait élire président par intérim. Christine Pujol, la présidente depuis plus d'un an, n'en démord pas: elle a annoncé lundi un recours en justice.

Les deux chefs et leurs troupes n'ont eu de cesse de se bousculer voire s'invectiver devant la presse et l'ambiance était à couteaux tirés autour de la table des négociations, selon des témoins.

"Si quelqu'un doit signer, c'est moi", a asséné Mme Pujol, tandis que M. Daguin a admis qu'il ne signerait pas, si cela peut "apaiser le climat".

Les cinq organisations patronales (Umih, Synhorcat, GNC, CPIH, Fagiht) ont proposé une revalorisation moyenne des salaires de 6% (coût selon eux: 600 à 900 millions d'euros par an), le rajout de deux jours fériés supplémentaires (200 M), la promotion du tutorat et des certificats de qualification professionnelle, ainsi que la mise en place d'une mutuelle de santé (150 M).

Ils s'engagent aussi à ce que le premier niveau de la grille salariale soit systématiquement au-dessus du Smic.

"Au total, nous sommes au-delà de l'engagement pris" de 700 à 800 millions d'euros pour les mesures sociales, d'après Didier Chenet (Synhorcat), qui estime que "ce que certains restaurateurs n'ont pas donné au niveau des prix, nous le donnons aux salariés".

"On ne peut donner plus que ce qu'on reçoit" avec la baisse de la TVA, a aussi lancé un représentant de l'Umih.

Pour FO, "tout cela aurait pu être négocié lors d'une année normale". La CGT dénonce un "affichage" sur le 6% qui correspond à une moyenne.

"La baisse de la TVA, c'est tous les ans", ont-ils fait valoir avec la CFTC pour exiger une "prime pérenne" en sus, qu'ils ont revue à la baisse, représentant l'équivalent d'un demi-13e mois.

Le principe d'une prime a été accepté en milieu de journée mais le patronat refuse sa pérennité au-delà de trois ans, durée du contrat d'avenir conclu avec le gouvernement en avril dernier. "Les sénateurs nous ont rappelé que la TVA pouvait être rehaussée par un gouvernement, quel qu'il soit", a souligné M. Chenet.

En début de soirée, le patronat mettait sur la table une prime de 1,5% du salaire de base annuel, dans la limite de 300 euros par an et par salarié des restaurants, environ moitié moins pour les salariés des hôtels-restaurants et six fois moins pour ceux des hôtels, où la baisse de la TVA ne concerne que les petits-déjeuners.

"Pour convaincre les jeunes de revenir dans les métiers de la restauration, il va falloir mettre la main au porte-monnaie", a averti Stéphane Fustec (CGT).

Au moment où débutait lundi la négociation, Xavier Denamur, restaurateur parisien militant contre la TVA à 5,5%, lançait aux côtés de Cécile Duflot (Verts), de la CGT et d'associations de consommateurs les "vrais Etats généraux de la restauration" afin de réunir restaurateurs, salariés, économistes, nutritionnistes et élus.

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