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EADS: les retards de l'A380 au coeur des auditions du gendarme de la Bourse

Mercredi 25 Nov 2009 à 23:18

Les retards du gros porteur d'Airbus, l'A380, ont été au coeur des auditions à HUIS CLOS merdredi de l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans l'affaire des délits d'initiés du groupe européen de défense et d'aéronautique EADS.

"C'était une journée d'une densité un peu folle. Des centaines de pages remises par la défense ont été examinées aujourd'hui. C'était très technique et l'audience a duré plus de dix heures", a indiqué à l'AFP en sortant des auditions un avocat d'un des mis en cause qui a requis l'anonymat.

L'AMF soupçonne des dirigeants actuels ou passés d'EADS et d'Airbus de s'être enrichis indûment en vendant des actions du groupe, alors qu'ils avaient connaissance des retards de l'A380 avant qu'ils ne soient rendus publics en juin 2006.

Le témoignage du groupe britannique BAE, ancien actionnaire d'Airbus, a été examiné mercredi, selon ce même avocat. En 2006, BAE avait vendu sa participation de 20% au capital d'Airbus à EADS pour 2,75 milliards d'euros, après l'annonce officielle des retards de l'A380.

Mais le groupe en avait demandé beaucoup plus lorsqu'il avait dévoilé en avril son intention de vendre sa participation. Pour la défense, cela signifie que BAE --qui a participé début mars à un comité des actionnaires d'Airbus où la question de l'A380 a été évoquée-- ne pensait pas que l'action allait ensuite chuter à cause du très gros porteur. Et par conséquant que son attitude démontre qu'il n'y a pas eu d'information privilégiée.

Le témoignage écrit de Mike Turner, le PDG du groupe britannique à l'époque, a été étudié mercredi lors de l'audition de l'AMF.

Autre pièce étudiée : le témoignage de consultants du cabinet McKinsey, missionné par Airbus entre décembre 2005 et juin 2006 pour régler les problèmes de production de l'A380. Ces consultants s'étaient à l'époque montrés confiants sur la capacité d'Airbus à rattraper son retard sur son très gros porteur.

Frédéric Peltier, avocat d'EADS, s'est également attaché à démontrer que les retards de livraison dans l'industrie aéronautique appartenaient à la normalité, selon une autre source proche du dossier.

Il a ainsi fourni des attestations de compagnies acquéreuses d'avions, estimant que des retards de livraisons de quelques mois n'auraient aucune incidence commerciale.

Le groupe EADS est montré du doigt pour ne pas avoir communiqué "dès que possible" au marché l'information sur ces retards. Il risque jusqu'à 10 millions d'euros d'amende.

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