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G20: Sarkozy décrète la fin des paradis fiscaux, "bagarre" sur les bonus

Mercredi 23 Sep 2009 à 21:33

Le président français Nicolas Sarkozy a décrété mercredi la fin des paradis fiscaux et affirmé que les pays du G20 se "bagarraient" sur la question des bonus bancaires, à la veille du début du sommet à Pittsburgh (Etats-Unis).

Interrogé sur TF1 et France 2 depuis New York, le chef de l'Etat a par ailleurs indiqué que la France ne sortirait de la crise économique qu'à partir du moment où "le chômage recommencerait à baisser".

"Il n'y a plus de paradis fiscaux et à Pittsburgh l'un des enjeux, c'est que dès le premier trimestre de l'année prochaine, des sanctions soient appliquées sur des places, sur des pays qui ne respecteraient pas les règles en la matière", a déclaré le chef de l'Etat, ajoutant: "les paradis fiscaux, le secret bancaire c'est terminé".

Début avril, les pays du G20 réunis à Londres s'étaient engagés à lutter contre les paradis fiscaux et une liste des territoires non coopératifs avait été publiée à l'issue du sommet.

A l'heure actuelle, dix pays ont été retirés de la liste "grise" des paradis fiscaux qui compte toujours une trentaine de pays.

S'agissant des bonus bancaires, autre grand dossier à l'agenda du G20, le chef de l'Etat a indiqué qu'un accord n'avait "pas encore" été trouvé. "On discute, cela se bagarre (...) mais il faut qu'on trouve un accord", a-t-il ajouté.

"Nous voulons clairement que le montant des bonus soit plafonné en fonction, par exemple, d'un pourcentage du chiffre d'affaires, d'un montant de fonds propres", a indiqué M. Sarkozy.

"L'Europe s'est mis d'accord sur la position de la France et de l'Allemagne" mais "le cheminement est long", a ajouté le chef de l'Etat en référence aux réticences de certains partenaires, notamment américains.

Les bonus versés aux opérateurs de marchés, dont les traders, ont soulevé d'intenses polémiques, notamment en France. Dans son communiqué final, le G20 de Londres avait déjà défini quelques règles visant à les encadrer (versement différé, transparence des rémunérations...).

"On ne peut pas tout focaliser sur le bonus, mais c'est quand même la partie visible de l'iceberg", a précisé M. Sarkozy, affirmant que "le capitalisme ne peut plus recommencer comme avant".

Le chef de l'Etat a par ailleurs appelé les banques à délaisser les activités de "spéculation" auxquelles elles se sont livrées parce qu'elles "avaient le sentiment de pouvoir gagner plus d'argent plus rapidement".

"Le travail des banques, ce n'est pas de la spéculation", a affirmé le chef de l'Etat. "Leur travail est assez simple, cela consiste à emprunter de l'argent au jour le jour et à le prêter à moyen et à long terme, pour un particulier qui veut acheter son appartement (...) ou pour une entreprise qui veut acheter une machine".

Le G20 regroupe les vingt principaux pays développés et émergents. La réunion de Pittsburgh s'achevera vendredi.

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