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Le gérant / Arnaud Raimon : une gestion flexible et active

Mardi 15 Sep 2009 à 12:43

(AOF / Funds) - Arnaud Raimon, diplômé d'HEC, exerce sur les marchés financiers depuis 1987, dont 15 ans dans les salles de marché de diverses banques, (Crédit Commercial de France, Banque Demachy, Banque Hervet, Commerzbank) en tant que trader de produits dérivés, stratégiste, puis responsable du trading pour compte propre. En 2002, il revient en France pour rejoindre une société de gestion indépendante en tant qu'associé afin de lancer son activité de gestion de fonds. En 2007, il crée Aliénor Capital, dont il est à ce jour président et actionnaire principal à 80 %.

Stratégie de gestion

Dans son approche, Arnaud Raimon se situe à la croisée de l'alternatif global macro et de l'absolute return, avec un profil de rendement/risque cependant différent. Comme un gérant global macro, sa valeur ajoutée réside principalement dans la qualité de ses paris directionnels, élaborés en fonction d'anticipations de l'évolution des marchés. En revanche, il ne recourt jamais à l'endettement ou à la vente à découvert. Comme certains gérants absolute return, il obtient des performances décorrélées des marchés, quelle que soit leur configuration, à la hausse comme à la baisse.

Néanmoins, il n'a pas d'objectif de surperformance par rapport à un indice de référence, sa gestion ne se référant à aucun benchmark. Il vise ainsi pour son fonds phare «une performance positive... sur la durée de placement». Un objectif entièrement satisfait, aussi bien dans des marchés «bullish» (+ 71 % entre 2003 et mi-2007) que baissiers (+ 12,22 % sur deux ans à septembre 2009). Sur cinq ans, le fonds a progressé de 65,51 %, contre 13,28 % pour la moyenne de ses concurrents dans la catégorie «mixtes international flexible» et - 0,3 % pour le CAC 40, avec une volatilité annuelle située entre 9 et 11 % sur la période.

C'est dans le cadre d'une gestion flexible qu'Arnaud Raimon parvient à dégager ces résultats. Il est ainsi libre d'investir sur des actions, des obligations et du monétaire. Mais sa première variable d'ajustement pour créer du rendement est l'exposition de son portefeuille aux actions, «les obligations et le monétaire ayant une moindre contribution aux résultats», explique-t-il. Et ce, de façon extrêmement flexible puisqu'elle varie dans une fourchette de 0 à 100 % par le biais d'actions et de dérivés.

L'allocation entre les classes d'actifs découle, en premier lieu, de l'analyse de marché, pour l'essentiel réalisée au travers d'une analyse macroéconomique, le sentiment de marché, les valorisations de marché, ainsi que les événements majeurs. Mais «à elle seule, une analyse de marché exhaustive est insuffisante, précise Arnaud Raimon. C'est la qualité de la synthèse qui permet de trouver le ou les paramètres majeurs qui guident le marché, actuellement la reprise (ou non) de la demande privée. De plus, il est primordial de pouvoir expliquer, dans le détail, toutes ses décisions». Sur la base de cette analyse, le gérant réalise l'allocation par classes d'actifs, puis géographique et sectorielle. Vient ensuite la sélection des titres, sur la base d'une liste de près de 600 valeurs internationales, sans contrainte de taille de capitalisation ou de style pour les actions, ni de duration ou de rating pour les obligations. «La contribution du stock picking à la performance est secondaire, selon Arnaud Raimon. Notre portefeuille n'est jamais très concentré : il détient aux alentours de 60 à 70 valeurs. De plus, j'achète des valeurs par blocs de 15 à 20 titres, plutôt que de façon isolée.»

Outre une gestion «libre», Arnaud Raimon prend des paris directionnels marqués. «Je n'hésite pas à procéder à des révisions fortes de mon allocation d'actifs. Si nous ne voyons pas d'amélioration globale de la consommation réelle ou de l'investissement dans le monde d'ici un mois, je n'hésiterai pas à réallouer le fonds actuellement composé à 56 % en actions européennes (dérivés inclus) et à 44 % en obligations gouvernementales à court terme, quasi exclusivement en faveur de ces dernières.

Les valeurs préférées du gérant

- Xstrata, entreprise minière suisse cotée à la Bourse de Londres : «Pour jouer la reprise des matières premières.»

- Bureau Veritas, société dont le coeur de métier est l'évaluation de conformité : «Une valeur défensive, très bien gérée, avec un price earning ratio (PER) peu élevé (aux alentours de 14) qui profitera d'une bonne croissance des bénéfices futurs.»

- Steria, SSII française : «Une société de bonne taille dirigée de main de maître et ayant basé la moitié de son ingénierie en Inde.»

A retenir

- Société de gestion : Aliénor Capital

- Expérience du gérant : 23 ans

- Fonds phare : Aliénor Optimal, créé en 2002

- Encours gérés : 350 millions d'euros, dont 170 millions d'euros pour le compte d'investisseurs institutionnels et de «family office».

Floriane Tedoldi

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