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Vente à bas prix de fruits et légumes en banlieue parisienne pour alerter sur la crise

Jeudi 20 Aoû 2009 à 10:26

Le Modef, syndicat agricole d'exploitants familiaux, a organisé jeudi matin à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) et dans douze autres villes du département sa vente annuelle de fruits et légumes pour alerter sur leur situation économique difficile.

Organisée les années précédentes place de la Bastille ou au pied de la tour Eiffel, cette vente à des prix bien inférieurs à ceux pratiqués en grande surface a été "ciblée" cette année davantage vers la banlieue parce que c'est là que vivent des "familles modestes", a expliqué Raymond Girardi, secrétaire général du Modef.

Une vingtaine de tonnes au total ont voyagé dans la nuit depuis le Lot-et-Garonne, dont 5 tonnes vendues sur la place du marché à Ivry-sur-Seine d'où plusieurs dizaines de personnes repartaient les bras chargés de cageots de nectarines, de melons ou de tomates.

Par cette initiative "solidaire", le Modef, avec l'appui du PCF, entendait dénoncer une fois de plus les "marges insupportables" de la grande distribution et la situation "catastrophique" des producteurs et éleveurs.

Actuellement, le prix payé au producteur est de "45 centimes pour un kilogramme de tomates par exemple, qui sort à 65 centimes des centrales d'achat et qui est vendu 2,5 euros en magasin", a expliqué M. Girardi. "Aujourd'hui, on va les vendre à 1,5 euro le kg, un prix rémunérateur pour les producteurs et les autres".

"La particularité cette année, c'est que ça fait quatre mois qu'on est en crise, avec une mévente (des fruits et légumes) et des prix faibles", a déclaré M. Girardi. "Plutôt que de vendre des tomates à 30 centimes le kg, des producteurs les laissent pourrir sur pied", a-t-il assuré.

C'est "un système ficelé dont les paysans font les frais", a renchéri Jean Mouzat, président du Modef et éleveur en Corrèze, venu "par solidarité".

Tee-shirt blanc proclamant "mort de l'agriculture familiale = désertification de nos campagnes" sur le dos, Marie-Renée Gérard, 61 ans, militante PCF/Modef du Lot-et-Garonne, ne décolère pas : "Des éleveurs vendent leur bétail, leur outil de travail, pour avoir des liquidités. C'est ubuesque".

Pour Raymond Girardi, la solution est "politique". "Que l'Etat assume ses responsabilités" en mettant en oeuvre "la préférence communautaire" qui permet de protéger les producteurs contre les importations extra-européennes, ainsi que la clause de sauvegarde pour protéger les produits français, a-t-il demandé. Le Modef souhaite aussi le rétablissement du coefficient multiplicateur, supprimé en 1986, qui "servait à contrôler les marges des distributeurs".

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