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AIG: gouvernement et parlementaires américains toutes griffes dehors

Mardi 17 Mar 2009 à 23:42

L'administration Obama et les parlementaires américains continuaient mardi de chercher un moyen de récupérer les millions de dollars offerts en bonus à des responsables de l'assureur AIG alors que de nouvelles révélations alimentaient encore l'exaspération générale.

Le président Barack Obama a promis lundi de tout faire pour empêcher les cadres d'AIG, sauvé de la faillite par l'Etat, de profiter des dizaines de millions de dollars de primes, alors que le géant américain de l'assurance a bénéficié de 170 milliards d'aides publiques depuis 2008.

Mardi, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a fait savoir que le secrétaire au Trésor Timothy Geithner, dont l'efficacité à éviter ces versements a été mise en cause par des experts, conservait la confiance du président.

Alors que la justice révélait simultanément que 11 cadres dirigeants avaient quitté AIG malgré d'énormes primes pour les retenir, d'un montant cumulé de 42 millions de dollars pour dix d'entre eux, c'est du côté du Congrès que l'indignation s'est faite entendre mardi le plus fort.

Un influent sénateur républicain, Charles Grassley, a même suggéré que les dirigeants qui avaient décidé de verser 450 millions de primes devraient envisager de se suicider. Il s'est repris un peu plus tard assurant qu'il s'agissait de "rhétorique".

Le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid a de son côté lancé un ultimatum à AIG, lui enjoignant de renégocier les contrats des primes accordées à ses cadres, sous peine de lancement d'un texte législatif destiné à imposer ces primes.

"Pour une société qui n'existerait plus sans un plan de sauvetage de 170 milliards de dollars d'argent public, il est simplement moralement inacceptable de dépenser 165 millions de dollars sur des primes", écrit-il dans une lettre adressée au patron d'AIG, Edward Liddy, en précisant que les pénalités dans le cadre de la législation envisagée par le Sénat s'élèveraient à 91%.

L'Etat américain veut garder l'assureur en vie afin de ne pas provoquer par sa chute une onde de choc se répercutant dans le monde entier. Mais AIG, qui a accusé des pertes vertigineuses en 2008, n'est pas tiré d'affaire malgré quatre plans de sauvetage gouvernementaux.

Et les pouvoirs publics ont peu de marge de manoeuvre puisque les primes sont contractuelles.

Une sous-commission du Sénat a annoncé la convocation mercredi du PDG d'AIG, qui a pris les rênes en septembre dernier, après le coûteux sauvetage orchestré par la Réserve fédérale américaine (Fed).

Du côté de la Chambre des représentants, le leader de la majorité démocrate, Steny Hoyer, a estimé que "la solution la plus adaptée est tout simplement qu'ils rendent l'argent".

L'influent représentant démocrate Barney Frank a déclaré que l'Etat américain devait exercer ses "droits de propriété" sur AIG qu'il contrôle à 80%. "Nous disons maintenant, en tant que propriétaire: +Non, je ne vous paye pas cette prime. Vous n'avez pas été performant, vous n'avez pas rempli le contrat+", a-t-il argumenté en évoquant des "actions en justice" pour récupérer les primes.

Selon le ministre de la Justice de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, un des cadres dirigeants d'AIG, qui est parti depuis, a perçu à lui tout seul "4,6 millions de dollars". Au total 73 cadres ont reçu des primes d'un montant de un million de dollars et plus et sept ont reçu plus de quatre millions chacun.

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Mots-clés : Barack obama   Dirigeants   Dollars   New york   Prime   Justice  

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